L’importance du choix auquel nous sommes tous désormais confrontés

Partage international no 430juin 2024

Après des mois de massacre et un manque évident de courage moral chez la plupart des dirigeants du monde, l’espoir généré par un acte simple de résistance et de protestation a redonné de la vigueur à l’esprit collectif du monde – c’est-à-dire aux personnes de bonne volonté.

Les étudiants ont occupé les universités et ont clamé la vérité à rebours du pouvoir ; par leur action et leur militantisme, ils ont insufflé un nouvel élan à la lutte en faveur du plus grand défi moral de notre temps.

A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les nations déclaraient unanimes : « Plus, jamais ça ! ». Les dirigeants de l’époque, des personnes courageuses et perspicaces, ont rédigé la déclaration des droits humains des Nations unies. L’humanité a été « mise à l’épreuve » pendant les décennies qui ont suivi. La question qui s’est posée alors était la suivante : l’humanité a-t-elle tiré les leçons des guerres mondiales ? Va-t-elle, sans réfléchir, se permettre de continuer à vivre comme avant ? Va-t-on continuer à ignorer la souffrance des autres, à considérer la cupidité et le séparatisme comme allant de soi et comme faisant partie intégrante du système économique et politique ? Aujourd’hui, environ 80 ans plus tard, le monde a atteint un niveau de crise équivalent.

Le Maître de B. Creme a constaté : « Peu à peu, avec constance, l’humanité s’achemine vers sa Grande Décision. Rares sont ceux qui en ont conscience, mais les hommes traversent une mise à l’épreuve sans équivalent dans toute leur longue histoire sur Terre. » (La Grande Décision, janvier-février 2012)

« Les hommes sont désormais face à un choix : voir que le monde est un, partager, et connaître ainsi la sécurité, le bonheur et une paix bénie – ou bien être témoins de la fin de la vie sur Terre » (Les priorités de Maitreya, octobre 2006) D’où l’importance du choix auquel nous sommes tous désormais confrontés.

Un quart de siècle après le début du nouveau millénaire et à la veille du conclave des Maîtres en 2025, nous devons, en agissant, choisir en faveur de la vie et de la coopération. Si nous aspirons à l’avenir glorieux qui nous a été annoncé comme étant à notre portée, nous devons vivre comme si tout avait de l’importance – parce que c’est effectivement le cas. Ce que nous faisons et notre façon d’être comptent pour l’ensemble, aujourd’hui plus que jamais. Comme l’a exprimé le Maître de B. Creme : « L’énergie d’amour de Maitreya est impersonnelle et les stimule tous : ceux qui aspirent à la paix et à des relations justes, au même titre que ceux qui vivent dans la cupidité et la compétition au risque d’engendrer une guerre ultime, aux conséquences fatales. D’où l’importance du choix auquel tous sont désormais confrontés. » (La Grande Décision)

Nous sommes témoins de la privatisation du meurtre, de massacres en masse pour le profit. Les balles et les bombes rapportent de l’argent, mais les appels à la paix et les manifestations contre les crimes de guerre sont jugés illégaux, ce qui entraîne harcèlement, arrestations et censure publique. Des journalistes de renom sont interdits de parole et d’antenne. On peut se demander pourquoi les autorités ont si peur de la protestation publique ? Pourquoi l’État est-il si nerveux face à la pensée indépendante et à la liberté d’expression ? Des champions de la démocratie et de l’égalité comme Dennis Kucinich, Chris Hedges, Yanis Varoufakis, Mehdi Hassan et Jeffrey Sachs, entre autres, sont écartés des réseaux médiatiques. Les étudiants et les manifestants anonymes du monde entier subissent les foudres des autorités. Ce sont pourtant leurs voix qui peuvent nous redonner le sens de notre propre humanité. Leurs actions pourraient bien faire pencher à nouveau la balance en notre faveur. Leur détermination à défendre la justice et la liberté d’expression peut contribuer à restaurer la foi en la nature humaine et constituer les timides prémices d’une civilisation meilleure et apaisée. Nous pourrions envisager de nous joindre à cet effort ou de le soutenir de quelque manière que ce soit.

Une phrase de Berthold Brecht illustre avec une ironie grinçante la situation actuelle entre gouvernants et gouvernés : « Un pirate du parti a décrété que le peuple avait perdu la confiance du gouvernement et qu’il ne pourrait la regagner qu’en redoublant d’efforts. Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple que le gouvernement dissolve le peuple et en élise un autre ? »


Thématiques :
Rubrique : Editorial ()