Partage international no 428 – avril 2024
Refaat Alareer, novembre 2023
Si je dois mourir, tu dois vivre
pour raconter mon histoire,
pour vendre mes affaires
pour acheter un morceau de tissu
et quelques ficelles
(disons blanc avec une longue traîne).
Pour qu’un enfant quelque part à Gaza
regardant le paradis dans les yeux
en attendant son papa parti
dans l’éclat d’une explosion,
sans dire adieu à personne
pas même à sa chair, pas même à lui-même,
voie le cerf-volant,
mon cerf-volant que tu as fait,
s’envolant tout là-haut
et pense un instant qu’un ange est là,
ramenant l’amour.
Si je dois mourir,
que ce soit porteur d’espoir,
que ce soit un conte.
L’écrivain et professeur Refaat Alareer a été tué lors d’une frappe aérienne de l’armée israélienne le 6 décembre (un peu plus d’un mois après avoir écrit ce poème), ainsi que son frère, le fils de son frère, sa sœur et ses trois enfants.
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