Défendre le droit international et la coopération multilatérale

Partage international no 427mars 2024

Gro Harlem Brundtland a été la première femme à accéder à la fonction de premier ministre en Norvège. Elle a aussi été directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En tant que membre de The Elders (les Aînés) elle a déclaré :

« Quatre mois se sont écoulés depuis qu’Israël a lancé son assaut militaire sur Gaza en réponse aux attaques terroristes du Hamas, du 7 octobre 2023. Le nombre de victimes et l’étendue de la destruction est choquant et les risques d’escalade sont dangereusement élevés. Face à la poursuite des violences, nous, les Aînés, demeurons fermes dans notre appel à la protection des civils à Gaza, à la libération de tous les otages israéliens et à un accès humanitaire immédiat. Un cessez-le-feu doit être urgemment mis en œuvre pour que ces appels deviennent réalité. Le mois dernier, nous avons salué le leadership moral exercé par l’Afrique du Sud, la patrie de notre fondateur Nelson Mandela, qui a déposé une plainte à la Cour internationale de justice dans le cadre de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide afin de protéger la population à Gaza. Dans le cadre d’une obligation légale internationale, chaque État doit prévenir le génocide. Israël doit immédiatement se soumettre aux mesures conservatoires émises par la Cour internationale de justice dans sa décision du 26 janvier 2024.

Il est impératif que les dirigeants du monde défendent l’importance du droit international et de la coopération multilatérale. Ceci s’applique aussi bien aux conflits armés qu’aux autres menaces existentielles auxquelles l’humanité doit faire face. Ceci est un sujet que mes pairs les Aînés et moi allons aborder plus tard ce mois-ci, à la Conférence sur la sécurité de Munich qui a lieu du 16 au 18 février.

Nous allons rencontrer des leaders politiques, des hauts fonctionnaires et des représentants de la société civile afin de promouvoir la paix et la justice de par le monde. Cela comprendra des discussions sur Israël et la Palestine, et la guerre que mène la Russie en Ukraine. Nous exhorterons aussi les dirigeants à intensifier les actions pour faire face aux menaces existentielles auxquelles nous sommes confrontés collectivement : la crise climatique, les pandémies, les armes nucléaires ainsi que les risques émergents dus à l’intelligence artificielle.

Face aux crises, les leaders mondiaux doivent faire preuve d’une vision à long terme ancrée dans l’action. Cela signifie donner la priorité à la coopération, agir au-delà des intérêts à court terme et implémenter les valeurs qui ont rassemblé les Aînés il y a plus de 15 ans : vérité, justice, droits humains et une profonde connaissance de notre humanité commune.

Les menaces existentielles et les conflits pèsent lourdement sur notre monde. L’Horloge de la fin du monde1 reste bloquée à 90 secondes avant minuit, reflétant l’état précaire de la géopolitique mondiale. Mais en tant qu’Aînés, nous continuons à croire au pouvoir de l’espoir, pour nous guider vers des changements positifs. »

1 – Doomsday Clock : cette « horloge » conceptuelle indique figurativement le temps qu’il nous reste avant la fin du monde – minuit sur l’horloge. Pour cela, ses administrateurs calculent chaque année les risques qui pèsent sur le monde.


Sources : theelders.org
Thématiques :
Rubrique : Divers ()