Q : Comment se débarrasser des tendances négatives et des émotions refoulées héritées de notre passé ?

Partage international no 410octobre 2022

En orientant différemment notre identification. Plus nous nous identifions avec le Soi plutôt qu’avec ses véhicules – qui sont le corps physique, le corps astral et le corps mental, plus nous nous débarrassons de nos tendances négatives. Elles résultent d’une identification erronée. Nous nous identifions avec nos ressentis, qui la plupart du temps sont désagréables. Nous nous sentons blessés, nous nous sentons méchants, cruels, en colère, et nous croyons que tout ceci est réel ! Nous en sommes même persuadés. Il n’en est rien ! Ce ne sont que des émotions passagères. Nous ne les éprouvions pas la veille, nous ne les éprouverons peut-être pas demain : que pourraient-elles donc avoir de réel ? Ce qui ne dure pas n’a pas de réalité.
Malheureusement, si nous nous identifions avec ces émotions et les faisons durer, elles s’incrustent en nous jusqu’à faire partie intégrante de nous-mêmes. Par exemple, presque tout le monde a acquis cette tendance très négative de s’apitoyer sur son propre sort, et ainsi de tout ramener à son petit égo. Si vous vous identifiez à cette tendance, vous la renforcez, et de surcroît vous créez un terrain idéal pour faire croître votre négativité générale. Au contraire, si vous ne vous identifiez pas avec elle, vous ne tarderez pas à vous dire : « Ce n’est pas moi ! ». Vous continuerez à l’éprouver, mais vous saurez que ce n’est pas vous. L’important, c’est de découvrir celui qui éprouve cette tendance, qui en fait l’expérience. Vous entrez alors en contact avec le Soi derrière l’expérience, et c’est cela qui est capital.
Tout le monde s’apitoie sur son propre sort à un moment ou à un autre. De telles émotions sont nocives : « Oh, pourquoi personne ne m’aime ? Pourquoi n’ai-je pas de réussite ? Pourquoi ai-je toutes ces impressions négatives ? », alors que vous êtes un dieu, un grand être divin et éternel potentiellement doté de toute la sagesse, de tout le pouvoir et de tout l’amour de Dieu. Telle est bien votre nature réelle, et ce qui vous empêche de la manifester, ce sont précisément ces sentiments négatifs et égoïstes d’impuissance, de pitié de soi et d’avidité.
Mais la pire de toutes ces hérésies est l’illusion de séparation : débarrassez-vous-en et vous vous débarrasserez de toutes les autres tendances négatives qui résultent entièrement de l’illusion que vous êtes séparé, que tout le monde vous en veut et veut vous nuire.
Evidemment, nous refoulons de telles impressions négatives parce qu’elles nous font mal. Nous ne leur permettons pas de remonter à la surface, ce qui nous donnerait l’occasion de nous demander : « Est-ce vraiment moi ? » Bien sûr que ce n’est pas vous. Mais plus vous vous concentrez sur vos émotions négatives, plus vous déversez votre énergie en elles et plus vous les nourrissez, alors que si vous les tenez à distance, elles périssent par manque de nourriture, de munitions. Tout ce sur quoi vous déversez votre énergie s’en nourrit. Dites : « Ce n’est pas moi, ce n’est pas moi » : vous créerez ainsi une distance entre vous-même et les sentiments négatifs qui vous rongent, et ces derniers s’étioleront et finiront par mourir parce que vous cesserez de les nourrir. Inutile donc de les réprimer – ni, d’ailleurs, de s’y complaire.
Voyez-vous, la plupart des gens adoptent l’une ou l’autre de ces attitudes. C’est ce qu’on leur a appris. Les psychologues disent : « Exprimez votre colère. Laissez-la sortir ! » C’est complètement ridicule. L’important, c’est de regarder simplement ses émotions sans les juger, sans dire : « C’est mal, c’est méchant d’éprouver cela », sans essayer le moins du monde de les nier ou de vous en débarrasser en les terrassant. Regardez-les simplement sans les condamner, mais sans non plus faire preuve de complaisance envers elles : ainsi, vous ne leur donnerez pas votre énergie, et leur emprise sur vous diminuera progressivement. Plus vous agirez ainsi, plus vous affaiblirez le lien qui vous unit à cette négativité. Alors vous serez libres, et libres d’assumer votre liberté.

Réponses données par Benjamin Creme