Partage international no 406 – juin 2022
par Patricia Pitchon
Sri Sathya Saï Baba, décédé en 2011, a laissé des millions de fidèles dans tous les pays. En Inde, son action caritative a été importante notamment dans les domaines de l’approvisionnement en eau aux populations défavorisées, de l’éducation et de la santé. Il a créé plusieurs écoles, collèges et universités gratuits, ainsi que deux excellents hôpitaux, également gratuits. Il a enseigné que l’humanité est une, et a donné l’exemple dans son ashram, où les gens de toutes castes mangent ensemble ; une façon pratique de remettre en question le système des castes encore profondément ancré dans la société indienne. Selon ses propres mots : « Il n’y a qu’une seule caste, la caste de l’humanité ; il n’y a qu’un seul Dieu, et il est partout. »

Sri Sathya Saï Baba à l’ashram de Brindavan
Par son approche inclusive caractéristique, il a mis en avant les grandes vérités que l’on retrouve dans toutes les religions. Elles constituent la base du programme d’éducation aux valeurs humaines qu’il a développé, et qui a été adopté officiellement par le gouvernement indien pour être implanté dans toutes les écoles du pays. D’autres pays ont suivi cet exemple. Saï Baba a insisté pour que les enseignants identifient les hommes et les femmes exemplaires qui, dans tous les domaines, ont contribué de manière importante au progrès de leur pays, et les prennent comme exemples afin de développer chez les jeunes la vision des valeurs et des vertus qu’un être humain doit cultiver pour servir son pays et l’humanité toute entière.
La série Education aux valeurs humaines, livre II pour les classes élémentaires, comprend des prières hindoues, zoroastriennes, hébraïques, jaïnes, bouddhistes, chrétiennes, sikhes et islamiques. Dans le dernier paragraphe, Saï Baba a déclaré : « Puissions-nous oublier nos différences et nous débarrasser de nos travers pour devenir les ambassadeurs du bien et travailler à l’unité de toutes les nations. »
La planète est actuellement en proie à de nombreuses difficultés et, pour certains, à de terribles tragédies dues à la crise climatique et aux inégalités en matière d’accès à l’hygiène, à l’eau potable et aux soins de santé, même si des progrès se font peu à peu.
De nombreux pays ont vu leur économie gravement impactée par les décisions brutales de leur gouvernement pour faire face à la pandémie de Covid-19. Les confinements ont profondément perturbé les chaînes d’approvisionnement, les entreprises de toute taille ont vu leur activité fortement diminuée ou même réduite à néant. Aujourd’hui, la guerre entre l’Ukraine et la Russie et de nouveaux confinements draconiens en Chine prolongent une situation particulièrement difficile pour l’économie mondiale. L’Ukraine et la Russie sont le grenier à blé de la planète, et la guerre fait craindre des famines et des soulèvements de population dans de nombreux pays. Le coût de nos approvisionnements en énergie (pétrole et gaz, mais aussi électricité) augmente, et dans certains pays pauvres, la hausse du coût des denrées alimentaires est d’ores et déjà insupportable pour les plus défavorisés.
On ne peut imaginer de meilleur moment pour reconsidérer les rapports que nous, pays riches, entretenons avec les nations les plus pauvres. Le service désintéressé est la voie royale vers le Divin, comme Saï Baba l’a enseigné tout au long de sa vie : « Aimer tout le monde, servir tout le monde. » Il a donné l’exemple en servant sans relâche : il a guéri des centaines de milliers de personnes souffrant de maladies les plus diverses. D’un geste de la main, il faisait apparaître miraculeusement toutes sortes d’objets, des bonbons pour les enfants, de la cendre sacrée (Vibhuti) qui, selon ses instructions particulières, avait aussi un pouvoir de guérison, ou encore des bijoux, bagues et autres pendentifs pour ses fidèles. Un groupe de swamis l’a un jour réprimandé à ce sujet, mais Baba leur a répondu : « Je donne aux gens ce qu’ils veulent, afin qu’au final, ils puissent vouloir ce que j’ai à donner. » Et ce qu’il a donné en abondance était indubitablement, pour tous ceux qui en ont fait l’expérience, son Amour.
Beaucoup ont été transformés par ces expériences. Elles leur ont inspiré une foi et une joie profondes, ainsi que la détermination à mettre en œuvre des changements significatifs dans leur vie, avec comme exemple, cette autre citation de Baba : « Commencez la journée avec amour, vivez la journée avec amour, terminez la journée avec amour. »
Actuellement, il est compréhensible que l’on puisse se sentir découragé, voire accablé par la situation du monde, les guerres, les crises alimentaire, climatique, sanitaire, par tant de besoins non satisfaits dans le monde, par l’injustice criante qui règne partout, et par-dessus le marché, par des chefs d’Etat et des politiques à tous les niveaux qui choisissent la tension et le conflit plutôt que de favoriser le dialogue.
On se demande : « Que puis-je faire ? Je n’ai aucun pouvoir ».
Ce sentiment profond d’impuissance est un mirage qui nous empêche d’agir pour aider notre prochain et donner un sens à notre vie. Saï Baba a dit : « Les mains qui servent sont plus saintes que les lèvres qui prient. » Cela ne signifie pas que prier serait inutile, mais seulement que la prière ne peut être un substitut à l’action.
L’inhibition peut, elle, être vaincue par l’action. Dans chaque ville et village du monde, il y a des gens qui ont besoin de votre aide. Les possibilités sont infinies : passer simplement un moment avec une personne âgée qui vit seule, partager une tasse de thé et bavarder ; aider une mère débordée en lui proposant de garder son enfant ; nettoyer le jardin de quelqu’un qui ne peut le faire ; appeler au téléphone une personne malade ; faire des courses pour des gens qui ne peuvent se déplacer.
Le sentiment d’impuissance conduit à l’inertie ; il résulte de l’impression que les petites choses n’ont pas d’importance. Pourtant, elles en ont. Rejoindre un groupe de personnes déjà engagées dans une forme de service dans une association par exemple, est également un moyen important de surmonter ce sentiment, d’apprendre des autres et de redonner du sens à sa vie. Poursuivre un but procure de la joie.
Saï Baba soutient que le don de soi dans le service est plus précieux qu’un don d’argent, du point de vue du développement de la personne.
Autres citations de Saï Baba
S’adressant à ses fidèles et au-delà, à toute l’humanité, il a déclaré : « Je suis toujours avec vous ; votre cœur est ma maison. […] Le monde est ma demeure ; même ceux qui me rejettent sont mes enfants ; appelez-moi par n’importe quel nom, je répondrai ; représentez-moi sous n’importe quelle forme, je me présenterai à vous. Je suis autant dans le dernier d’entre vous que le premier. Ne calomniez, ne blessez personne, car c’est moi que vous calomniez, moi qui suis en lui. »
« Offrez-moi toutes vos inquiétudes, vos problèmes, vos peines et vos désirs, et en retour, recevez de moi la joie, la paix, la sagesse et le courage. »
Références :
Saï Baba, incarnation de l’amour, par Peggy Mason et Ron Laing, Amrita, 1994.
Sathya Saï Baba – le Saint homme et le psychiatre, par Samuel H. Sandweiss, L’Or du temps, 1993.
Saï Baba, l’homme des miracles, par Howard Murphet, Amrita 1994.
Benjamin Creme a dit de Saï Baba : « Je dirais que Saï Baba est… l’être le plus pleinement divin qui ait honoré cette planète de sa présence. Il est un Avatar, un visiteur cosmique pour ainsi dire, qui se situe hors de l’évolution terrestre. Sri Sathya Saï Baba est un Régent spirituel, un représentant de la Divinité sur notre planète. Il incarne l’énergie de l’Amour cosmique, le principe christique, au niveau cosmique. Cette énergie continue à émaner de lui, et à se déverser dans le monde entier. »
Interrogé sur la vie et la mort de Saï Baba, Benjamin Creme a déclaré : « C’est une grande perte, mais Saï Baba n’est pas parti. Il continue son œuvre, même sans son enveloppe physique.
Saï Baba était la deuxième de trois incarnations sur Terre du même avatar : la première incarnation s’est produite sous le nom de Saï Baba de Shirdi, la deuxième vie sous le nom de Sathya Saï Baba, et il a lui-même prédit que la troisième et dernière incarnation aurait lieu au début du XXIe siècle sous le nom de Prema Saï Baba, et qu’il naîtrait à Mysore, dans l’Etat du Karnataka.
La vie de Saï Baba a été une vie de service ; le service est à la base de tous ses enseignements. »
[Partage international, juin 2011]
Auteur : Patricia Pitchon, autrefois journaliste au quotidien colombien El Tiempo. Aujourd’hui basée à Londres, elle est journaliste indépendante. Egalement psychothérapeute, elle travaille avec les réfugiés.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : De nos correspondants ()
