Les attributs du disciple

Partage international no 392avril 2021

par Aart Jurriaanse

La dévotion

Tout individu fait preuve d’une certaine dévotion – il est le dépositaire d’un dessein pour lequel il vit. Certains, cependant, vivent sans but, au jour le jour, et les objectifs de leur vie ne se révèlent pas clairement. D’autres discernent quelques objectifs nébuleux, qui s’éclaircissent parfois au cours du déroulement de la vie, alors qu’ils acquièrent connaissance et sagesse.

Pour nombre de personnes, cette dévotion reste de nature purement physique ou émotionnelle, et largement focalisée dans la chair, comme dans le cas de la recherche de la satisfaction des désirs sensuels, ou de la recherche avide de l’argent ou de possessions. D’autres connaissent une vie principalement centrée sur l’émotionnel, et la dévotion se manifeste dans l’amour de la famille, la recherche de la popularité, le patriotisme, l’amour des animaux, ou une combinaison d’éléments semblables, envers lesquels l’homme peut consacrer une grande partie de son énergie. La dévotion peut également s’élever à des niveaux mentaux, et se manifester par un grand attrait pour la science, la philosophie ou la religion, en direction desquels s’orientent les énergies physiques, astrales et mentales.

La dévotion devrait exister chez le disciple, mais il lui faudra veiller soigneusement à l’élever des plans émotionnels vers les plans mentaux. L’inclination naturelle porte au développement d’une dévotion personnelle envers un Maître, mais il conviendrait d’y mettre fin. Les Maîtres ne désirent aucune dévotion personnelle, et n’en n’ont pas besoin ; tout ce qu’ils s’efforcent de faire, consiste à orienter les énergies du disciple vers sa tâche ou service spécifique, qu’il doit rendre à l’humanité. Un travailleur intelligent, pouvant se conduire de manière autonome à la lumière de son âme, a beaucoup plus de valeur pour les Grands, qu’un partisan dévot de leurs personnalités.

Il convient de veiller à ce que la dévotion, quelle que soit la hauteur de l’idéal envers lequel elle se manifeste, ne tourne pas au mirage, affectant la largeur de vue, pouvant conduire au fanatisme. Il est indispensable de se maintenir en équilibre.

En résumé, on peut affirmer que la dévotion, en tant qu’expression de la personnalité, est susceptible d’engendrer le fanatisme, qui est une attitude séparative, déséquilibrée et fréquemment cruelle. La dévotion qui s’exprime sous l’influence de l’âme se manifestera dans une attitude inclusive et de compréhension aimante ; elle répondra aux objectifs du Plan dans son ensemble, et ne se réduira pas à accorder une importance déplacée à quelque aspect particulier de l’objet de la dévotion.

Le sens ésotérique

Il ne s’agit pas d’une expression répandue, mais le « sens ésotérique » constitue une expression utile pour désigner la puissance qui se développe progressivement dans chaque disciple s’efforçant de vivre et de fonctionner sur les plans subjectifs. Le sens ésotérique révèle l’existence du contact intérieur et de l’union avec l’âme, qui se manifestent dans la vie extérieure par la bonne volonté et la compréhension aimante ; il s’exprime dans la sagesse des décisions quotidiennes ; il se manifeste extérieurement dans la capacité de synthèse et d’identification du disciple avec tout ce qui respire. Ainsi le sens ésotérique dénote-t-il cette attitude mentale intérieure de l’individu imprégné par l’âme, qui peut se tourner à volonté, dans quelque direction que ce soit, en fonction des besoins.

C’est grâce à son sens ésotérique que le disciple parvient à contrôler sa vie émotionnelle, et qu’il peut exercer une influence considérable sur ceux que la vie place en étroit contact avec lui. Le sens ésotérique lui procurera une capacité de discrimination accrue, et augmentera sa sensibilité aux impressions, faisant de lui un instrument plus efficace placé entre les mains des Maîtres pour servir le Plan.

Le sens ésotérique permettra au disciple de devenir un canal plus pur pour véhiculer les concepts émanant de la Hiérarchie, et de mieux exprimer concrètement les idéaux inspirés, afin de les rendre perceptibles aux hommes qui évoluent encore dans la vie quotidienne.

Le sens ésotérique doit tendre à faire partie de l’équipement normal de chaque disciple. En réalité, il ne s’agit que d’une autre manière d’exprimer le degré de contact avec l’âme auquel est parvenu le disciple. Le sens ésotérique peut se développer grâce à une ferme orientation spirituelle, au maintien de l’attitude de l’observateur, ainsi que par l’étude, la méditation et le service. Le degré avec lequel le disciple a développé son sens ésotérique déterminera également sa véritable capacité à mener une vie invocatoire et évocatoire.

La réserve et le silence

Il est essentiel que le disciple reste particulièrement discret au sujet de ses expériences spirituelles intérieures. Ceci, principalement en raison du fait qu’il se trouve encore peu d’individus capables de comprendre ces événements spirituels, avec le risque de malentendu que cela comporte. Naturellement, la situation est différente lorsque se rencontrent des compagnons de travail qui se trouvent en harmonie de pensée ; alors les sujets spirituels seront compris, et on peut en discuter librement. En règle générale, il paraît sage de rester silencieux au sujet du travail en cours sur le plan mental. Des paroles prématurées peuvent tendre à ébranler les formes pensées fragiles encore en cours d’élaboration, pouvant ainsi faire échouer le travail.

Une réserve instinctive tend à faire partie des attributs de ceux qui luttent pour suivre le Sentier, mais ces derniers devraient en même temps posséder la capacité de discrimination nécessaire pour pouvoir décider de l’opportunité de partager leurs connaissances et certaines expériences avec leurs compagnons disciples. Le disciple devrait développer une capacité de jugement lui permettant de reconnaître le stade auquel il est parvenu sur le Sentier.

Pour le reste, il devrait garder le silence et poursuivre ses activités dans le calme. Il semble évident que des paroles mal à propos seront plus dommageables qu’une réserve injustifiée.

Aart Jurriaanse (1907-2002) était un auteur sud-africain dont les sujets de prédilections portaient sur l’ésotérisme, la spiritualité, l’occultisme et la religion. Il a autorisé Partage international à publier ses articles, initialement parus dans l’ouvrage Bridges (Ponts, non traduit). Source d’inspiration autant que d’informations, ils présentent une perspective qui s’étire des anciennes archives des Maîtres à notre temps. Se référer aux numéros d’octobre 2019 et suivants de Partage international pour les articles d’Aart Jurriaanse sur le disciple et ses qualités requises. De toute évidence, ces qualités sont souhaitables et importantes pour tous.

Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Divers ()