Aart Jurriaanse (1907-2002) était un auteur sud-africain dont les sujets de prédilections portaient sur l’ésotérisme, la spiritualité, l’occultisme et la religion. Il a autorisé Partage international à publier ses articles, initialement parus dans l’ouvrage Bridges (Ponts, non traduit). Source d’inspiration autant que d’informations, ils présentent une perspective qui s’étire des anciennes archives des Maîtres à notre temps. Se référer aux numéros d’octobre 2019 et suivant de Partage international pour les articles d’Aart Jurriaanse sur le disciple et ses qualités requises. De toute évidence, ces qualités sont souhaitables et importantes pour tous.
L’humilité
L’humilité ne constitue en rien un « complexe d’infériorité ». Le complexe d’infériorité reflète une approche négative de la vie, et doit être évité à tout prix ; il dissimule une certaine jalousie intellectuelle et spirituelle. Celui qui en souffre à l’impression que les autres lui sont mentalement ou spirituellement supérieurs ; aussi peut-il subtilement être poussé à imposer sa personnalité à ceux qu’il considère comme supérieurs, cherchant ainsi à s’affirmer et à impressionner autrui.
L’humilité, quant à elle, est la vertu du disciple doté d’un juste sens des proportions, qui considère ses capacités, ses responsabilités et son travail sans aucun parti pris. L’humilité permet d’examiner et d’évaluer avec détachement et impartialité sa propre personnalité, ainsi que les occasions qui se présentent.
Cependant, le disciple peut parfois manifester une crainte exagérée envers l’arrogance, l’orgueil, la grandiloquence, et la surestimation générale de ses capacités, l’incitant à observer une attitude par trop humble, et ainsi à se sous-évaluer, à s’éloigner de la réalité, et à déprécier le pouvoir d’une personnalité imprégnée par l’âme. Une telle attitude pourra provoquer la dilapidation des opportunités offertes, une perte de temps, et engendrer une inefficacité dans le service. Être capable de cheminer humblement dans la vie spirituelle, et néanmoins servir de façon pleinement efficace, implique discrimination et une véritable prise de conscience de ses capacités et des opportunités offertes par la vie. Aussi, acceptez-vous comme vous êtes, dans la situation et l’environnement où vous avez été placé, et aimez et servez au maximum de vos capacités.
Le disciple humble offrira tout ce qu’il possède en vue du service, mais, détaché, il n’accordera aucune importance à ce qu’il a donné de lui-même. Ainsi ne considérera-t-il que le service à rendre, et non pas le rôle joué par la personnalité dans l’exécution du service – c’est ainsi qu’il sert avec un total oubli de soi.
La véritable humilité se base toujours sur les faits et la vision nette des choses – une vision qu’on ne peut interpréter correctement qu’avec humilité. Ainsi n’y a-t-il rien de mal à se considérer comme disciple, mais c’est un sujet strictement personnel, à aborder, à admettre, puis à intégrer, de manière à ce qu’il n’interfère pas avec le travail qui attend. Toute personne ayant obtenu une idée exacte de la situation qu’elle occupe au sein du grand Tout, ne peut plus être autrement qu’humble ; plus elle aura bénéficié d’une vision profonde, et plus l’expression de sa conscience sera grande, plus elle percevra clairement sa propre insignifiance relative.
La simplicité
La vie moderne tend à devenir de plus en plus complexe, mais le disciple ne devrait jamais laisser cette complexité le conduire à l’agitation. Le secret consiste à cultiver une simplicité de pensée, en observant systématiquement une attitude d’acceptation et de complet abandon à la volonté de l’âme qui, en ce qui concerne l’individu, représente la Volonté de Dieu.
La simplicité consiste à adopter une perspective unique, libre des illusions produites par les confusions du mental créateur des pensées ; la simplicité représente la clarté du dessein, et la constance dans l’effort, ainsi que la préservation des complications qu’apportent questions ou introspections injustifiées. La simplicité signifie une vie de sacrifice aimant, dans l’oubli de la demande ou de l’attente de quoi que ce soit en retour. En résumé, la simplicité consiste simplement à suivre les ordres de l’âme. Dans la pratique, le disciple démontrera cette qualité par son esprit de bonne volonté, et de coopération, ainsi que par sa compréhension aimante mais intelligente envers tout ce que lui présente la vie et la destinée.
La période actuelle se caractérise par un matérialisme d’une ampleur inconnue jusqu’à présent, et dont, pour le salut de l’humanité, on espère qu’elle ne sera jamais plus égalée. De nos jours, la valeur de l’homme s’évalue souvent en termes de possessions, et chez beaucoup, il existe une tendance à repousser les valeurs spirituelles en arrière plan. Heureusement, ces tentatives de dénigrement de ce qui est spirituel échoueront toujours. L’homme évolue sur le sentier de la Lumière, et ces périodes ne représentent que de simples phases dont l’humanité doit faire l’expérience, afin de reconnaître l’inutilité et la futilité des possessions matérielles pour lesquelles l’homme s’est battu avec tant de passion. Aussi compte-t-on maintenant sur un retour progressif à un genre de vie plus simple – les possessions sous toutes leurs formes faisant l’objet de moins d’attention – et sur un regain d’intérêt pour le progrès spirituel.
Le désintéressement
La formation spirituelle a pour principal objectif de doter les disciples de capacités de service accrus. Cela revient à jeter des ponts, facilitant l’approche de l’humanité par les Maîtres, et produisant ainsi des instruments utilisables pour le service désintéressé.
Le désintéressement doit profiter à autrui ; il dénote cette compréhension aimante du disciple qui s’identifie aux autres plutôt qu’à ses propres intérêts.
Ainsi le disciple doit-il apprendre à servir avec une totale abnégation de lui-même. Il doit s’efforcer d’atteindre le stade du complet oubli de soi, oublier le passé et son lot de souffrances et de joies. Il devrait oublier le soi personnel, avec ses revendications matérielles et émotionnelles, et simplement chercher à vivre une vie de service, joyeuse et équilibrée. Il doit apprendre à servir sans penser à soi, en répandant force et amour sans faire référence à soi-même ni en cœur ni en esprit, servant simplement en tant qu’âme, « ne possédant ni n’exigeant rien pour le soi séparé » ; devenant simplement un canal désintéressé pour l’Amour et la Lumière.
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Divers ()
