Partage international no 386 – octobre 2020
Jamie McGoldrick, coordonnateur humanitaire de l’Onu pour le territoire palestinien, a lancé un appel, le 31 août 2020 : Israël doit immédiatement autoriser l’entrée de carburant et d’autres biens essentiels à Gaza ; le Hamas doit mettre fin aux actions risquant de déstabiliser davantage la situation.
La détérioration observée ces dernières semaines dans la bande de Gaza est très préoccupante. En réponse à l’escalade des hostilités avec des groupes armés palestiniens lançant des projectiles en Israël, Israël a accru son blocus de l’enclave côtière, en limitant le transfert de certaines marchandises, réduisant la zone de pêche autorisée et empêchant les livraisons de carburant, y compris le carburant livré avec le soutien de l’Onu pour l’unique centrale électrique de Gaza. Celle-ci a été arrêtée le 18 août, réduisant considérablement la fourniture d’électricité pour près de deux millions de Palestiniens.

La réduction de l’approvisionnement en électricité nuit également gravement à d’autres infrastructures essentielles, notamment l’exploitation de tous les puits d’eau, des stations de pompage des eaux usées, des stations d’épuration et de certaines usines de dessalement.
En outre, on enregistre une détérioration significative de la situation sanitaire avec les premiers cas de Covid-19 en dehors des installations de quarantaine, confirmés le 24 août. A ce jour, on recense 280 cas actifs, dont 243 sont dus à une transmission communautaire.
A l’heure actuelle, les gens sont rationnés à quatre heures d’électricité par jour, une situation difficile à tout moment, mais particulièrement grave compte tenu des efforts déployés pour contenir l’épidémie de Covid-19. La situation ampute les services disponibles dans les dispensaires de quarantaine et entrave la capacité du système de santé à faire face aux demandes croissantes, telles que la capacité de détecter de nouveaux cas de Covid-19. Les pannes d’électricité dans les hôpitaux ont de graves répercussions sur les patients en réanimation, sur les cas chroniques et les cas urgents particulièrement vulnérables.
La réduction de l’approvisionnement en électricité nuit également gravement à d’autres infrastructures essentielles, notamment l’exploitation de tous les puits d’eau, des stations de pompage des eaux usées, des stations d’épuration et de certaines usines de dessalement. L’approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées sont impactés. Il existe maintenant un risque élevé d’inondation par les eaux usées dans des zones peuplées, d’une augmentation de la pollution dans la Méditerranée et le long de la côte, et d’une pollution supplémentaire de l’aquifère.
La situation humanitaire dans la bande de Gaza est déjà désastreuse, après treize ans de blocus israélien et de divisions politiques internes, parallèlement aux hostilités récurrentes. Une action rapide est nécessaire pour alléger la situation humanitaire, empêcher une nouvelle détérioration et accroître le respect du droit humanitaire international et des droits de l’homme.
Dans le contexte de cette détérioration rapide de la situation humanitaire, j’appelle Israël à autoriser immédiatement le passage du carburant vers la bande de Gaza, conformément à ses obligations en tant que puissance occupante, pour faire en sorte que les besoins fondamentaux de la population soient satisfaits et pour empêcher un effondrement des services de base.
J’appelle les autorités du Hamas à cesser et à empêcher le lancement de ballons incendiaires, de roquettes et d’autres actions qui risquent de déstabiliser davantage la situation.
Toutes les parties doivent faire preuve de la plus grande retenue et agir pour protéger les civils, dans le plein respect de leur dignité et de leurs droits humains. (www.un.org)
Israël, Palestine
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