Partage international no 375 – novembre 2019
par Aart Jurriaanse
Aart Jurriaanse (1907-2002) était un auteur dont les sujets de prédilections portaient sur l’ésotérisme, la spiritualité, l’occultisme et la religion. Il a autorisé Partage international à publier ses articles, initialement parus dans l’ouvrage Bridges1 (Ponts, non traduit). Source d’inspiration autant que d’informations, ils présentent une perspective qui s’étire des anciennes archives des Maîtres à notre temps. Se référer à notre numéro de septembre 2019 pour la première partie de cet article sur le disciple.
Seule la combinaison d’un travail rigoureux, d’un développement intellectuel, d’une ferme aspiration et d’une orientation spirituelle, peut conférer le titre de disciple, si tant est que cet ensemble soit également soutenu par une bonne volonté positive et un œil intérieur ouvert aux mondes de la réalité.
Le véritable disciple ne considérera pas son travail comme une extraordinaire opportunité d’avancement spirituel. Il ne s’agirait là que d’une approche égoïste, qui ne pourrait conduire à un service efficace. Le véritable travailleur s’attellera à la tâche qui lui est désignée, avec toute l’énergie dont il dispose, oublieux de sa propre personnalité, animé de la seule volonté de contribuer à accomplir le Plan et à servir. Inévitablement, cela amènera son propre progrès – pas dans le sens d’une autosatisfaction, mais dans celui d’une évocation de capacités endormies qui le transformeront en un instrument de service toujours plus efficace, placé entre les mains des Maîtres.
La vie du disciple
Il est essentiel pour le disciple de toujours conserver un esprit ouvert, et d’être prêt, lorsque de nouveaux points de vue lui sont révélés, à renoncer à nombre de ses théories favorites sur la vie, son travail et à ses idées sur les mondes cachés. Il doit toujours demeurer réceptif aux idées et aux interprétations nouvelles et inattendues, et lorsque celles-ci se révèlent convaincantes, il doit accepter la remise en question totale ou partielle de ses idées préconçues. Ainsi doit-il rester dans l’expectative, certain de l’apparition future de visions et de révélations nouvelles, et de l’émergence de nouvelles versions de la Vérité destinées à le guider au long de sa route. Aussi convient-il de veiller à ce que l’interprétation en vigueur ne se cristallise et ne dresse une barrière, séparant le disciple de la Vérité qui se dévoile, et de la reconnaissance d’une vision plus authentique.
La vie du disciple est faite de risques et de dangers permanents auxquels il se soumet délibérément et de bon gré, en vue du développement spirituel et afin de se préparer pour le service. Les disciples sont soumis à des épreuves sévères, et seuls un cœur pur, un amour véritable de son prochain, et une utilisation positive et intelligente de l’activité mentale, l’autoriseront à surmonter ses dilemmes. La vie émotionnelle en particulier, doit faire l’objet d’une surveillance attentive, afin de prévenir la production de nouveaux mirages. L’apparition de mirages ne constitue pas nécessairement l’indication d’un échec ; ce dernier ne survient que si le disciple s’identifie avec ces manifestations astrales, y succombe, et retourne au rythme de vies antérieures. Le Maître ne s’interposera pas dans ces cas-là, car le disciple doit surmonter ces problèmes à l’aide de ses propres pouvoirs. De tels obstacles sont placés sur son sentier afin de contrôler sa consécration, sa volonté et sa persévérance. Le disciple dépassera ces problèmes et s’avancera vers la porte de la lumière où l’attend le Maître, ou bien, provisoirement, il retombera à des niveaux inférieurs, où il demeurera plus ou moins longtemps, jusqu’à ce qu’il ait rassemblé assez de force pour affronter de nouveau les obstacles.
Le disciple doit en permanence consentir à affronter la vie comme elle se présente, avec l’équipement dont il dispose. Ainsi doit-il faire en sorte de soumettre sa personne, ses affaires, les circonstances et le temps, aux besoins du jour, tout en demeurant en étroite relation avec son groupe, avec ses activités et ses exigences. Lorsque, oublieux de lui-même, il aura entrepris de se soumettre ainsi, le disciple constatera que ses affaires personnelles sont mystérieusement prises en charge, et que sa capacité de service se développe au-delà de toute attente. C’est par le travail, l’étude, la méditation et le service que le disciple acquiert progressivement une compréhension plus profonde de la réalité. De nouveaux pouvoirs et de nouvelles énergies se révéleront au disciple qui rend, sans restriction, un service altruiste, lui procurant sans cesse une efficacité plus grande et le qualifiant pour un travail plus vaste.
L’œuvre accomplie par le disciple pourra parfois attirer l’attention publique, mais sa récompense spirituelle ne sera certainement pas fonction de la renommée acquise. L’inconnu qui œuvre dans les coulisses, sans reconnaissance ni acclamation, sacrifiant toute identité personnelle, est souvent celui qui rend les plus grands services à l’humanité ; il ne recevra pas d’hommage public, mais bénéficiera de l’immense compensation intérieure de savoir qu’il a contribué à sauver des âmes en peine, qu’il a participé à reconstruire des existences, et qu’il est parvenu à générer quelque lumière supplémentaire, contribuant à orienter l’humanité sur le sentier du retour.
Au cours des premières phases de son expérience, le disciple ne dispose que d’une faible confiance en lui-même. Cependant, viendra le moment où il devra admettre avoir acquis des connaissances supérieures, à certains égards, à celles dont dispose son frère moins fortuné, et où il se devra de partager cet acquit, ou d’employer son savoir au bénéfice des autres. Sa première tentative en ce sens pourra conduire à des situations embarrassantes ou à un sentiment de maladresse, mais il acquerra une certaine habileté avec la pratique. Il est intéressant de constater à quel point un savoir enfoui surgit lorsqu’il le faut, et que nombre de concepts s’éclaircissent considérablement lorsqu’il s’agit de les présenter aux autres. En réalité, la meilleure façon d’apprendre consiste à enseigner. « Réfléchissez avec humilité, exprimez-vous avec sagesse et travaillez sans répit. »
Lorsque la tête et le cœur commencent à fonctionner en accord, un magnétisme spirituel se développe automatiquement, et le disciple rayonne sur son entourage, évoquant une réponse de ceux qu’il attire. Que cela soit conscient ou non, il s’en suivra la formation d’un petit groupe autour du disciple, pouvant constituer l’étape initiale de ce qui se transformera peut-être, dans une vie ultérieure, en un véritable groupe ésotérique placé sous la direction du même disciple.
Il peut arriver que des disciples soient envoyés en incarnation chargés d’une mission particulière. En règle générale, ils n’en auront pas conscience, bien que dans des cas exceptionnels la « certitude d’une vocation » puisse apparaître dès la tendre enfance. Cependant, les disciples naissent habituellement avec certains dons et certains talents naturels, qui évoluent progressivement en idées et en idéaux profondément enracinés, et qui s’accordent avec un cerveau répondant à ces impulsions. Normalement, ces hommes ou ces femmes se trouveront guidés inconsciemment vers les domaines d’activité où un rôle leur est destiné, et où on attend d’eux certaines actions fondamentales en accord avec les intentions de la Hiérarchie. Au fur et à mesure de la maturation mentale et du déploiement spirituel de ces disciples, le travail à accomplir sera perçu par le mental, ou lui sera imprimé, comme une pulsion irrésistible. Que ce travail soit de nature politique, financière, éducative, scientifique ou spirituelle, ces disciples seront inconsciemment guidés par les Maîtres qui veilleront également à ce que les portes nécessaires soient ouvertes, à ce que les contacts soient arrangés et à ce que les occasions favorables soient fournies en faveur de la tâche à mener, sans qu’apparaisse aucun signe de cette manipulation intérieure.
Bien que dans des cas exceptionnels, la conscience d’une telle mission puisse se développer, en général, le disciple réagit en réponse à des impressions qu’il considère comme produits de son propre mental, et dont il ne connaît pas l’origine.
Néanmoins, tous les disciples se caractérisent par leur caractère humanitaire, leur bonne volonté, et leur détermination à promouvoir le bien-être de l’humanité, chacun selon ses capacités particulières et au sein de son propre milieu. C’est l’amour naturel qu’ils éprouvent pour leurs semblables qui constitue la motivation de tous leurs efforts.
Pour plus d’information : www.bridges-publishing.de
1 – Aart Jurriaanse, Bridges, ISBN 3-929345-11-0, Bridges Publishing, Freiburg, Allemagne, 1re édition 2001, 2007.
(Première publication dans notre numéro de nov. 1992)
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Divers ()
