Q : Quand vous avez déclaré qu’il ne nous restait plus que quinze ans pour restaurer la planète, que vouliez-vous dire ? [Osaka, Japon, mai 2009].

Partage international no 341février 2017

Il y a une erreur générale, parmi les scientifiques et les gouvernants, qui consiste à dire qu’il nous reste entre cinquante et cent ans pour changer de mode de vie, ne pas augmenter les émissions de carbone et rectifier… restaurer l’équilibre. Mais pour vous donner un exemple, nous avons abattu des milliers et des milliers d’hectares de forêt primaire – en Amazonie et ailleurs – alors que les forêts sont irremplaçables pour la production d’oxygène. Les arbres sont essentiels. Nous détruisons notre environnement à des fins purement commerciales.
La question des émissions de carbone est complexe. De très nombreuses personnes – dont certaines très influentes – disent que le problème ne se pose pas du tout – que cette question n’a rien à voir avec la structure de la planète, et que, par conséquent, nous n’avons rien à faire pour maîtriser les émissions de carbone. C’est l’attitude la plus pernicieuse de toutes – celle qui nie l’existence même du problème. Encore une fois, elle est due à des raisons commerciales. Réduire les émissions de carbone dans l’atmosphère coûte de l’argent. Cela implique qu’il faudra mettre fin à toutes les émissions de carbone en provenance des centrales à charbon, ainsi qu’aux centrales nucléaires. Il y a dans le monde une demande de plus en plus forte de centrales nucléaires – sous prétexte qu’elles seraient propres. En fait, elles sont les plus dangereuses de toutes les sources d’énergie qui existent. Toutes les centrales nucléaires devraient être fermées immédiatement.

Réponses données par Benjamin Creme