Q : Des enfants sont impliqués dans des assassinats et des actes de violence dans les rues de Londres. Pourquoi ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Que faire pour s’attaquer aux causes de cette violence ?

Partage international no 230octobre 2007

La Grande-Bretagne n’a pas l’exclusivité de cette triste situation qui devient de plus en plus évidente dans le monde développé. En « suivant aveuglément les forces de marché », les hommes politiques du monde occidental ont créé une société coupée en deux, où les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. C’est particulièrement net en Grande-Bretagne, ainsi qu’aux Etats-Unis et dans d’autres pays « florissants ». Ces actes de violence se produisent le plus souvent dans les zones les plus pauvres des villes intérieures où les enfants et les adolescents sont négligés, ne disposent d’aucune infrastructures pour pratiquer des jeux ou des sports de groupe, et sont souvent peu guidés par leurs parents. Ils n’ont pas le sentiment d’être désirés, sont aliénés et en guerre contre eux-mêmes et contre la société dont ils font partie. Leur unique famille ou leur unique groupe sont les gangs de rues qui prennent inévitablement la place de leur propre famille. Ils ont le sentiment qu’il n’existe aucun espoir pour eux, que leur vie n’a aucun sens, et ils se tournent vers la violence pour lui donner un sens. En même temps les journaux parlent des « primes » accordées aux dirigeants de sociétés qui ont mené leurs sociétés à d’énormes profits. Ces primes peuvent s’élever jusqu’à vingt millions de livres par an. Est-il étonnant que ces enfants se sentent déshérités et cherchent à se venger ?

Réponses données par Benjamin Creme