Q : 1] Le « non » fracassant aux référendums sur la Constitution européenne illustre-t-il le fait que les dirigeants ont perdu contact avec leurs concitoyens ? 2] Les gens rejettent-ils la société dirigée par le marché néolibéral ? 3] Pensez-vous qu'il s'agit cette fois encore d'un exemple du pouvoir du peuple, un grand nombre de personnes ayant, semble-t-il, clairement montré leur désaccord aux politiciens qui avaient omis de les consulter ?

Partage international no 203juillet 2005

1] Il est certain qu'en France et aux Pays-Bas les gouvernements semblent avoir perdu contact avec leur opinion publique. Si la Grande-Bretagne avait eu à répondre à ce référendum, je pense que le « non » aurait atteint 70 %. Je crois, cependant, que dans les nouveaux Etats membres, le « oui » l'emporterait largement. Ils se sentiraient, pour le moins, obligés de montrer de l'enthousiasme pour une Constitution européenne. 2] Non, je ne le pense pas. 3] Oui. La Constitution compte, en tout, environ 500 pages et peu de personnes ont eu le temps et le désir d'étudier un tel document. De nombreuses personnes ont eu, à juste titre, le sentiment qu'elles n'avaient pas été consultées, que les décisions avaient été prises par-dessus leurs têtes. D'où la force du « non ». Certaines personnes sentent qu'elles ont déjà perdu beaucoup de souveraineté et ne souhaitent pas voir s'instaurer des Etats unis d'Europe, idée qu'elles suspectent, également à juste titre, sous-jacente dans la Constitution. Elles se sentent manipulées par des politiciens non élus qui suivent leurs propres programmes.

Réponses données par Benjamin Creme