Q : Il me paraît inadmissible que des responsables d’un pays rédigent des documents donnant des conseils destinés à d’autres pays. En 1996, Richard Perle (président du Conseil de Défense des Etats-Unis, qui conseille le Pentagone) dirigea une équipe qui rédigea un rapport à l’intention de Benjamin Netanyahu, alors premier ministre d’Israël, rapport intitulé A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm (Un changement de stratégie pour sécuriser le royaume) – le royaume signifiant Israël. Dans ce document, il était conseillé à B. Netanyahu d’abroger l’Accord d’Oslo et de « réaffirmer la revendication d’Israël sur son territoire en rejetant le principe d’ « une terre de paix » comme fondement de la paix ».  Il était également encouragé à renforcer la défense israélienne afin d’être en mesure de se confronter à la Syrie et à l’Irak, de construire des liens plus étroits avec les Etats-Unis dans leur intérêt mutuel, ainsi qu’avec la Turquie et la Jordanie, afin d’affaiblir la Syrie. Le document stipulait également : « Cet effort peut se focaliser sur l’éviction de Saddam Hussein – un important objectif stratégique pour Israël et dans son droit […] » Le document appelait par ailleurs au « rétablissement du principe de prévention » (Source : Secrets and Lies (Secrets et mensonges), de Dilip Hiro) [1] Ceci va-t-il dans le sens de vos informations selon lesquelles l’idée de frappes préventives a précédé de loin l’offensive en Irak ? [2] Dans quelle mesure le gouvernement américain est-il impliqué dans la politique israélienne ?

Partage international no 190juin 2004

[1] Oui, tout à fait. La guerre des Six Jours de 1967, lancée par Israël contre la Jordanie, la Syrie et l’Egypte était une « frappe préventive ». En fait, aucun de ces pays n’était en mesure d’attaquer Israël, si ce n’est l’Egypte peut-être – le seul pays avec lequel Israël avait signé un accord de paix. [2] De manière très étroite.
D’où la capacité d’Israël de passer outre aux résolutions prises à son encontre par les Nations unies. Les Etats-Unis utilisent leur droit de veto pour protéger Israël.

Réponses données par Benjamin Creme