Q : Des démentis ont été donnés par un porte-parole de la branche politique de l'ETA et par l'ETA elle-même en ce qui concerne une éventuelle implication dans l'attentat de Madrid. Etant donné que l'ETA est actuellement affaiblie à la suite de la mise en détention de son précédent dirigeant, est-il possible que l'attentat ait été perpétré par une branche radicale de l'ETA sans que l'autre partie de l'organisation ait été au courant ?

Partage international no 189mai 2004

C'est précisément le cas. Une frange radicale, faisant preuve d'impatience à l'encontre de la direction générale de l'ETA, a décidé d'aller plus loin que l'ETA ne l'avait jamais fait auparavant en perpétrant un attentat à grande échelle, particulièrement destructeur et spectaculaire. Le gouvernement espagnol avait donc raison de déclarer que l'attentat portait « l'empreinte » de l'ETA. Les Espagnols cependant étaient très en colère à l'idée que le gouvernement puisse essayer de masquer une attaque d'Al-Qaïda (en raison de l'implication du gouvernement espagnol en Irak) en suggérant que l'ETA était responsable. Immédiatement, le gouvernement Bush demanda au gouvernement espagnol de laisser tomber toute référence à l'ETA et d'annoncer que les coupables étaient des terroristes musulmans, appartenant sans doute à Al-Qaïda. Ce qui a été fait. Un certain nombre de musulmans, dont certains originaires du Maroc, ont été arrêtés. Ils ne sont pas coupables de cette action tragique. La CIA, comme d'habitude, s'est arrangée pour fournir des « preuves » – un sac avec un Coran à l'intérieur ! Attribuer tout attentat terroriste à Al-Qaïda, qu'elle en soit ou non responsable, est bien sûr un bon moyen d'agir en faveur de la réélection du président Bush.

Réponses données par Benjamin Creme