Q : Un homme d’affaires américano-libanais, Imad Hage, a fait certaines déclarations étonnantes sur ce qui se serait passé dans les derniers jours qui ont précédé l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Il déclare avoir rencontré le chef des services secrets irakiens, Tahir Jalil Habbush Al-Tikriti, et avoir appris que l’Irak offrait de grandes concessions si les Etats-Unis renonçaient à leur invasion. (Du côté américain, I. Hage affirme avoir rencontré un fonctionnaire du Pentagone, à Londres, et peut-être Richard Perle.) Tout d’abord, entre 1 000 et 2 000 agents et scientifiques, ainsi que des militaires américains, auraient été autorisés à venir vérifier sur place que l’Irak ne possédait pas d’armes de destruction massive. Deuxièmement, l’Irak aurait livré un terroriste recherché susceptible d’avoir conspiré à l’attentat à la bombe de 1994 sur le World Trade Center. Et, troisièmement, l’Irak aurait mis en place des élections libres d’ici un ou deux ans. Par ailleurs, l’Irak était prêt à faire des concessions sur le pétrole. Imad Hage a admis qu’il ne considérait pas automatiquement les propositions irakiennes comme crédibles mais il pensait que cela aurait valu la peine de voir si elles pouvaient éviter une guerre.[1] Ce qu’affirme Imad Hage est-il exact ? [2] Les Etats-Unis ont-ils pensé que les propositions irakiennes pouvaient être crédibles et pourquoi n’ont-ils pas essayé de négocier dans ce sens ?

Partage international no 184décembre 2003

[1] Oui. [2] Le gouvernement américain savait que les propositions irakiennes étaient crédibles mais il n’avait aucune intention de négocier avec Saddam Hussein et il le lui fit savoir. Il savait également que Saddam Hussein était atteint d’une maladie incurable et qu’il ne lui restait qu’environ un an à vivre. Les Américains étaient donc déterminés à provoquer « un changement de régime » pour être certains que leurs futurs besoins en pétrole seraient assurés, grâce à la mise en place d’un gouvernement fantoche. Après la mort de Saddam Hussein, une telle opportunité aurait pu ne pas se présenter et une intervention américaine n’aurait certainement eu aucune excuse.

Réponses données par Benjamin Creme