Q : Si nous sommes véritablement détachés d’un défaut spécifique, cela ne signifie-t-il pas que, non seulement nous n’y cédons plus, mais que nous sommes complètement libérés de son attraction ? Beaucoup de ceux qui surmontent certains défauts, une dépendance à l’alcool ou à la drogue, un comportement boulimique, etc, passent leur vie à lutter contre le désir d’y succomber à nouveau. Je comprends que si nous nous consacrons au service, pratiquons la méditation et développons l’aspiration, cela finit par accroître la conscience du Soi. Cette conscience du Soi ne conduirait-elle pas à un sentiment de détachement général, plutôt qu’au détachement vis-à-vis de défauts spécifiques, l’un après l’autre ?

Partage international no 57mai 1993

Le problème n’est pas tant de se détacher de dépendances spécifiques, l’une après l’autre, que de cultiver une attitude générale de détachement. Si nous sommes vraiment détachés, le problème de la « lutte contre le désir » ne se pose pas. Une attitude de lutte génère le conflit et aggrave le problème. Le détachement est le résultat du retrait de l’attention (donc de l’énergie) de l’effort déployé en vue de surmonter ce mauvais penchant. Le but est de découvrir qui est attaché. La conscience du Soi est le résultat d’un détachement croissant, plutôt que l’inverse.

Réponses données par Benjamin Creme