Partage international no 26 – octobre 1990
Peut-être ne l'avait-il pas prévue. Peut-être a-t-il été lui aussi pris au dépourvu comme l'a été le reste du monde. Néanmoins, les lecteurs réguliers de cette revue doivent savoir que nous avons fait paraître un communiqué de presse (n° 21) en date du 3 mai 1990, publié dans le numéro de juin de Partage international, à un moment où Saddam Hussein n'attirait pas l'attention sur lui, dans lequel Maitreya est cité comme ayant déclaré qu'il était temps pour Saddam Hussein de se retirer, et que s'il ne le faisait pas de son propre chef « quelqu'un d'autre l'y contraindra. C'est inévitable. Quiconque gouverne par la force sera renversé par la force ». Ceci indique clairement que Maitreya a connaissance de la fragilité de la position du Président Hussein qui, je crois, est à l'origine de son invasion du Koweit. Cette invasion représente pour lui une tentative de rétablir sa situation dans son pays et de renforcer sa position de leader du monde arabe. Cette invasion donne l'impression d'avoir été préparée de manière très rapide — pratiquement improvisée au jour le jour — sans réelle considération des conséquences ou de la réaction de l'opinion publique mondiale. En bref, l'action soudaine d'un homme désespéré et déséquilibré, cherchant une porte de sortie. Ses actes depuis l'invasion, particulièrement le fait de prendre des otages, révèlent ce fait. Je pense qu'il croyait pouvoir annexer le Koweit sans entraîner de trop grandes réactions, aider ainsi l'économie irakienne, et se présenter de ce fait comme un héros national. Aurait-il limité son invasion à l'annexion du Koweit, sans envoyer de troupes en grande nombre aux frontières de l'Arabie Saoudite, conduisant ainsi les USA à protéger leurs ressources pétrolières, je crois qu'il aurait réussi dans son action sans provoquer la réaction internationale que nous connaissons actuellement.
