Partage international no 367 – mars 2019
par William Allen
Le décès de George H. W. Bush, survenu en novembre 2018, nous remet en mémoire que le 41e président des Etats-Unis (de 1989 à 1993) avait fait l’expérience directe de Maitreya. Plus tard, il avait même sollicité ses conseils concernant l’évolution d’une grave crise géopolitique. Benjamin Creme avait révélé ces informations dans la revue Partage international et dans La Mission de Maitreya, tome II (1993). Plus tard, l’associé de Maitreya, résidant de la communauté asiatique de Londres, avait communiqué à deux journalistes indépendants les enseignements qu’il avait reçus de Maitreya lors de ses prises de parole publiques de 1988 à 1993. Puis, les deux journalistes avaient transmis ces informations à Benjamin Creme, qui les avait publiés dans Partage international et dans le livre Les Lois de la vie (2005).
En août 1990, les forces militaires irakiennes, sur l’ordre du dictateur Saddam Hussein, annexèrent le Koweït, petit royaume pétrolier voisin, et cette même année, selon l’associé : « Maitreya […] apparut au président George H. Bush, qui pensa avoir affaire à un garde du corps. La conversation qui s’ensuivit surprit le président, car il se demandait bien comment un garde du corps pouvait être au courant de tant de choses. »
Il est très vraisemblable qu’ils parlèrent de l’invasion du Koweït, ainsi que d’autres problèmes du Moyen-Orient : « Le président Bush, dit encore l’associé, a été amené à prendre conscience d’un certain nombre de facteurs, notamment du fait que la démocratie n’existe dans aucun des pays du Moyen-Orient. Il a été amené à réaliser que, dans chaque pays, c’est la volonté du peuple qui doit décider de la constitution et que, de ce fait, le soutien qu’il apporte aux cheikhs et aux rois est voué à l’échec. S’il continue de les soutenir, l’affrontement est inévitable. »
En Occident, l’histoire officielle soutient que l’invasion du Koweït était due au fait que les Koweïtiens creusaient des puits au-delà même de leurs frontières avec l’Irak, et que Saddam Hussein avait répliqué par une invasion soudaine, sans avertissement. L’associé a contredit cette version : « L’invasion du Koweït par Saddam Hussein n’est pas le fruit du hasard. Les puissances occidentales et leurs alliés du Moyen-Orient ont donné à S. Hussein des milliards pour combattre et tuer les Iraniens1. Ces mêmes puissances ont retiré leur aide et finalement refusé d’augmenter le prix du pétrole, ce qui a eu pour conséquence une plus grande détérioration de l’économie irakienne. […] Lorsque S. Hussein a demandé de l’aide pour rétablir son économie dévastée, ceux qui l’avaient soutenu auraient dû l’aider. » L’associé a ajouté, citant Maitreya : « Un processus inévitable est en cours : quand il n’y a pas de quoi manger à la maison, on va chercher ailleurs. »
Certes, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne auraient bien pu aider l’Irak, eux qui avaient soutenu logistiquement Saddam Hussein tout au long de sa guerre brutale contre l’Iran (c’était une manière pour ces deux puissances occidentales de réduire l’influence de la Révolution islamique iranienne). De plus, en septembre 1990, juste après l’invasion du Koweït, l’un des membres de l’entourage du président Bush, un diplomate qui avait assisté à la conférence de Maitreya des 21-22 avril 1990 à Londres, avait suggéré au président Bush d’envoyer un émissaire à Londres […] pour solliciter les conseils de Maitreya. Maitreya répondit à cet émissaire que le conflit serait très simplement désamorcé par une aide internationale à l’économie irakienne. Le président Bush a dû s’étrangler en recevant sa réponse. Il est resté muré dans sa décision de ne pas céder un pouce à Saddam Hussein (Benjamin Creme, Partage international, décembre 1990, avril 1991). Benjamin Creme nous a également appris qu’un second émissaire avait ensuite reçu la même réponse.
Malheureusement, au lieu de s’efforcer en coulisse de désamorcer la crise, le président Bush déclara publiquement, juste après l’invasion du Koweït : « ça ne se passera pas comme ça ! » Menace qui fit la une de nombreux journaux dans le monde entier. Selon l’associé, il devait concéder plus tard en privé qu’une guerre idéologique au Moyen-Orient ne pourrait rien résoudre. Mais il était piégé par son besoin de sauver la face, ainsi que par diverses influences agressives, comme celles de ses conseillers à la Défense nationale qui voulaient faire des Etats-Unis le « gendarme » de la région (surtout pour sécuriser les importations occidentales de pétrole), ou celles de certains leaders étrangers, en particulier Margaret Thatcher qui semble l’avoir définitivement persuadé que S. Hussein ne pouvait être convaincu que par les armes. Elle aurait dit à G. Bush : « Ce n’est pas le moment de flancher ! » Et pourtant, selon l’associé, Maitreya avait prévenu : « Combien d’argent et de souffrance humaine la crise engendrée par ce refus va-t-elle coûter ? Cent fois plus ? »
Ce fut le cas : au lieu d’aider financièrement l’Irak, le président Bush rassembla une vaste coalition militaire incluant plusieurs nations occidentales et quelques membres de la Ligue Arabe. Dès le début de 1991, ils attaquèrent les forces irakiennes au Koweït et en Irak même, commençant ainsi ce qui serait plus tard appelé la première guerre du Golfe. Des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies accompagnèrent cette attaque de très sévères embargos économiques et matériels qui ruinèrent l’économie de l’Irak, tandis que la coalition militaire occidentale multipliait les actions dévastatrices dont les effets se font encore sentir aujourd’hui : destruction systématique des centrales électriques, des usines de productions alimentaires et de traitement de l’eau ; embargo total sur le chlore, utilisé pour rendre l’eau potable. Des centaines de milliers d’Irakiens périrent suite à ces actions, qui engendrèrent des niveaux aigus de malnutrition au sein de la population, ainsi que des épidémies de fièvre typhoïde et de choléra. Les autres effets dévastateurs de cette attaque furent (1) l’établissement d’une grande base militaire en Arabie Saoudite, où se situe La Mecque, le lieu le plus sacré de l’islam, et (2) l’utilisation de forces militaires arabes pour attaquer d’autres nations arabes.
Toutes ces actions figurent parmi les principales raisons énumérées par le chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, dans sa Lettre à l’Amérique (novembre 2002) visant à justifier les attaques terroristes du 11 septembre 2001.
A cause de ces terribles événements et de leurs répercussions « le monde s’est trouvé soumis à une soudaine augmentation du niveau général d’angoisse et de stress, a rappelé Benjamin Creme. La réaction du gouvernement américain à cette attaque terroriste […] a soudain réveillé la crainte d’une troisième guerre mondiale, qui s’estompait progressivement depuis la fin de la Guerre froide ».
Mais cela n’avait rien d’une fatalité. George W. Bush (fils de George H. W. Bush) était le président des Etats-Unis le 11 septembre 2001. Et, tout comme de celui de son père, son gouvernement rejeta les conseils de la Hiérarchie et de Maitreya lui-même de s’abstenir d’exercer des représailles. Ayant revêtu l’aspect d’un jeune homme, Maitreya indiqua en 2007 à des co-workers de Share International qui tenaient un stand dans le sud de la Californie : « Je les avais avertis de NE RIEN FAIRE en réponse. RIEN. Je leur ai dit si vous répondez avec des bombes et une action militaire, il y aura des guerres partout. Mais ils n’ont pas écouté […]. C’était une chance de changer l’ensemble du monde, de tout changer. Cela ne s’est pas produit. » (Partage international, courrier des lecteurs, juin 2007)
Au lieu de cela, le gouvernement Bush lança la soi-disant Guerre contre le terrorisme en envahissant l’Afghanistan et l’Irak, tout en maintenant d’autres pays du Moyen-Orient dans son viseur. « Les Américains plongent ainsi le monde dans une atmosphère de stress et de peur, laquelle est à l’origine d’épidémies et de catastrophes naturelles, qui, à leur tour, ne font qu’augmenter la peur et le stress. » Ainsi s’exprimait le Maître de B. Creme en 2003 (Agir en faveur de la paix, Partage international, juillet/août 2003)
Depuis, la Guerre contre le terrorisme a répandu le chaos et la destruction, en même temps qu’un nombre incalculable de morts et des millions de réfugiés dans le monde entier.
Le monde serait bien différent aujourd’hui si les Etats-Unis s’étaient focalisés sur les causes plutôt que sur les effets en suivant les conseils de nos Frères aînés, et ceux que leur avait donnés le Maître de Benjamin Creme : « Rassemblez toutes les parties concernées par les problèmes qui sont à l’origine de ces actes de violence. Ne considérez pas la vengeance comme votre seul recours, et ouvrez la porte au dialogue. Faites un effort sincère pour comprendre les motifs de plainte des multitudes, et contribuez à transformer leur vie et leur état d’esprit. Désormais l’argent et les armes ne suffiront plus aux riches pour imposer leur volonté. Le partage des ressources est inévitable, et constitue le seul chemin possible vers la justice et la paix. Saisissez maintenant cette opportunité d’apporter réparation pour les fautes passées, et venez à bout pour toujours du chancre de la violence et du terrorisme. » (Faites refluer la vague de haine, Partage international, novembre 2001)
Aujourd’hui, presque vingt ans plus tard, ces conseils attendent toujours d’être suivis.
1. La guerre Iran-Irak a duré de 1980 à 1988.
Auteur : William Allen, collaborateur de Share International de Oakland (Californie).
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