Partage international no 355 – mars 2018
En janvier 2018, le maire de New York a annoncé deux procédures majeures contre l’industrie pétrolière. D’ici cinq ans, les fonds de pensions de la municipalité auront réduit leurs investissements dans les titres pétroliers d’environ cinq milliards de dollars. D’autre part, la ville entend attaquer en justice cinq grandes compagnies pétrolières pour leur rôle conscient dans le dangereux réchauffement de la planète.
« La ville de New York défend les générations futures en devenant la première grande ville des États-Unis à désinvestir ses fonds de pension des énergies fossiles, a déclaré le maire, Bill de Blasio. Parallèlement, nous menons un combat contre le changement climatique en nous attaquant directement aux exploitants de combustibles fossiles qui en connaissent les effets et qui ont induit délibérément le public en erreur pour sauvegarder leurs profits. Alors que les changements climatiques continuent à s’aggraver, c’est aux entreprises de combustibles fossiles dont la cupidité nous a mis dans cette situation, d’assumer le coût de rendre New York plus salubre et plus durable. »
L’action en justice de New York fait suite à une démarche similaire menée par deux comtés et une ville de la côte ouest des États-Unis qui ont assigné en justice 37 exploitants d’énergies fossiles pour avoir émis sciemment des niveaux dangereux de gaz à effet de serre.
L’argent intelligent a été placé dans les énergies renouvelables ; l’argent bête est resté dans les combustibles fossiles, en dépit de leurs rendements inférieurs ces cinq dernières années. Il y a deux mois, l’immense fonds souverain norvégien a commencé à désinvestir. C’est un très bon signal : un pilier de l’industrie pétrolière juge que la fin approche, et il est bien placé pour le savoir. »
L’écrivaine et militante Naomi Klein, également présente lors de cette annonce, note l’effet d’entraînement que pourrait avoir les initiatives de New York sur les efforts mondiaux contre le réchauffement climatique : « Quelques minutes après que l’annonce de B. de Blasio fût rendue publique, à Londres, des militants se mirent à demander à leur maire d’agir de façon aussi audacieuse. Et tandis que la conférence de presse était encore retransmise en direct, plusieurs d’entre nous ont commencé à recevoir des emails de conseillers municipaux d’autres villes à travers le monde, promettant d’initier un processus similaire dans leur collectivité. Telle est
la puissance d’une action émanant d’un centre aussi symbolique que la ville de New York : ce qui semblait politiquement impossible hier semble soudainement possible et les dominos commencent à tomber. »
Les économistes ont déclaré que le statut de centre financier majeur de New York encouragerait probablement d’autres villes aux États-Unis et dans le monde à désinvestir, accélérant les efforts mondiaux visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Sources : theguardian.com ; 350bayarea.org
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
