Partage international no 350 – octobre 2017
Le jour du dépassement correspond à la date de l’année où l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an. Passé cette date, l’humanité puise donc de manière irréversible dans les réserves naturelles de la Terre. Ce calcul permet de mesurer la capacité de l’humanité à préserver ses ressources renouvelables et donc son avenir.
Selon Global Footprint Network (GFN) et le WWF, les ONG qui le déterminent, en 2017 ce jour est arrivé le 2 août. A cette date, l’humanité a donc globalement déjà utilisé les ressources naturellement disponibles comme l’eau, le sol, l’air pur et autres.
Ceci signifie que l’humanité vit désormais « à crédit » jusqu’au 31 décembre. En sept mois, nous avons émis plus de carbone que les océans et les forêts peuvent en absorber en un an, nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres, récolté davantage et consommé plus d’eau que la Terre ne peut en produire pendant un an. La conséquence automatique en sera la surexploitation des écosystèmes pour pouvoir continuer à manger, boire, chauffer nos bâtiments ou nous déplacer. Les écologistes affirment qu’il faudrait que l’humanité dispose de l’équivalent de 1,7 planète comme la Terre pour perpétuer les taux actuels de consommation.
Mais si tous les habitants de la Terre devaient consommer autant que les Australiens ou les Nord-Américains, ce sont cinq planètes qui seraient nécessaires. Pour une consommation à la française, il en faudrait trois ; à la chinoise, 2,1. Les Japonais consomment sept fois les ressources de leur pays, et l’Italie et le Royaume-Uni quatre fois. Au total, l’empreinte écologique des pays développés est cinq fois plus élevée que celle des pays pauvres. Si nous étions tous Indiens, seulement 60 % de la planète Terre suffiraient à satisfaire nos besoins. Le problème est que ce seuil fatidique arrive de plus en plus tôt. Le jour du dépassement est calculé depuis 1986. Au début, il est tombé en novembre, puis en octobre en 1993 et en septembre au début de ce siècle.
Les militants écologistes conseillent d’aider à inverser la tendance en mangeant moins de viande, en consommant moins de carburant et en réduisant nos déchets alimentaires. Les aliments représentent 26 % de l’empreinte globale de l’humanité ; si nous divisons le gaspillage alimentaire par deux, si nous mangeons moins de protéines animales et consommons plus de fruits et légumes, nous pourrons la réduire à 16 %.
Selon les calculs de GFN, la consommation humaine dépasse de 70 % les ressources disponibles. Les forêts sont exploitées plus vite qu’elles ne poussent ; nous pêchons plus de poissons qu’il n’en naît et nous émettons plus de carbone dans notre atmosphère que la nature peut en absorber. Les conséquences évidentes de cette surconsommation sont la déforestation, le déclin de la biodiversité, les pénuries d’eau, l’acidification des océans, l’érosion des sols et l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère.
Selon Mathis Wackernagel, président de GFN, même si nous voulions retarder le jour du dépassement de 4,5 jours chaque année, nous ne reviendrions à l’équilibre qu’en 2030. « Notre planète est limitée, mais pas l’avidité humaine », a-t-il remarqué. Mais il existe déjà des signes positifs : l’empreinte écologique des Etats-Unis par habitant a diminué de près de 20 % entre 2005 et 2013, grâce à des émissions de carbone plus faibles. La Chine a accru les surfaces consacrées à l’agriculture bio de 17 % en 2016 et la consommation des ménages en produits bio a progressé de 22 % en un an. Même si ces efforts sont encore faibles, ils sont encourageants.
Sources : lemonde.fr ; overshootday.org
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
