Se construire un avenir avec de l’aide

Partage international no 349septembre 2017

d’après le récit de nos correspondants à Edmonton

Le 9 juillet 2017, Michael et Shereen Tayles, deux collaborateurs de Share International basés à Edmonton (Canada), discutaient sur la façon d’obtenir un entretien avec l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter. Ce dernier était reçu en ville par l’association caritative Habitat pour l’humanité avec laquelle les Carter travaillent depuis 34 ans. Ils envoyèrent un mail à l’association le soir même, demandant un entretien avec le président Carter.

Le lendemain matin, Michael et un autre collaborateur de Share International, Tim Boetzkes, envisagèrent en plaisantant de ne pas se rendre à leur travail mais d’aller rendre visite à Jimmy Carter. Ils ne le firent pas, naturellement. Pendant leur pause matinale, ils allèrent en voiture acheter un café et, sur le chemin du retour, ils se trompèrent de direction. Pendant quelques minutes, ils suivirent des rues inconnues, et se retrouvèrent soudain devant une grande construction où était écrit : Habitat pour l’humanité. Ils se garèrent et mirent leur équipement de travail – procédure standard lorsqu’on entre dans un bâtiment.

A l’entrée du site, des agents de sécurité leur permirent d’entrer, à leur grande surprise. Ils se dirigèrent vers le bâtiment où travaillait le président Carter, espérant prendre au moins quelques photos. Tandis qu’ils réfléchissaient à la façon de s’approcher suffisamment pour lui poser une question, l’attaché de presse de J. Carter se tenant juste derrière eux se présenta comme étant Brian. Michael et Tim expliquèrent qu’ils travaillaient bénévolement pour Share International et lui demandèrent s’ils pouvaient assister à la conférence de presse qui allait bientôt avoir lieu. L’attaché de presse répondit que seule la presse pouvait y assister, mais qu’il vérifierait.

Michael et Tim se dirigèrent vers la tente de la presse et un moment plus tard, Brian apparut et leur confirma qu’ils pourraient rester mais ne leur garantissait pas qu’ils pourraient poser une question.

La conférence de presse eut lieu avec plusieurs intervenants, dont Jimmy Carter et sa femme Rosalynn. Vers la fin, plusieurs personnes, dont Michael, levèrent la main pour poser une question. Bien que Michael et Tim soient les seuls à ne pas arborer un insigne de presse, Michael fut désigné pour poser la dernière question, laquelle avait été choisie précédemment par les trois co-workers : « Que pensez-vous d’un revenu de base universel et cela aiderait-il chaque personne et sa famille à avoir un logement abordable, décent et sûr ? » Le président Carter répondit : « J’aimerais vraiment que chacun ait un revenu suffisant pour vivre et survivre. Le Centre Carter a des programmes dans 80 pays du monde, et nous passons beaucoup de temps à voyager en Éthiopie et dans d’autres pays d’Afrique et d’Amérique latine où parfois le revenu est très bas. Par exemple, nous avons construit des maisons en Afrique du Sud, et avons fait un gros travail au Liberia. Nous avons réalisé qu’une personne au Liberia ne gagnait que 50 cents par jour. Cela conduit chacun à s’interroger : comment pourrais-je vivre avec un ou deux dollars par jour ? Ce serait impossible. Mais ces personnes survivent. »

Le président Carter expliqua qu’il était tentant de sous-estimer les personnes qui vivent en état de pauvreté, et de leur reprocher de ne pas travailler assez pour améliorer leur situation : « Mais l’expérience m’a montré que les gens que nous considérons parfois comme inférieurs travaillent aussi dur que nous, qu’ils sont aussi ambitieux que nous, et que leurs valeurs familiales sont aussi valables que les nôtres. Cela tend à nous mettre sur un pied d’égalité avec ceux que nous considérons parfois comme inférieurs, mais cela ne nous abaisse pas, cela élève les autres. »

Jimmy Carter a été le 39e président des États-Unis. Il aura 93 ans en octobre 2017 et a fêté son 71e anniversaire de mariage avec sa femme Rosalynn, le 7 juillet 2017.


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