Partage international no 329 – février 2016
Avec l’aide du haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et du concepteur français Philippe Starck, Libraries Without Borders (LWB) (Bibliothèques sans frontières) a créé une petite bibliothèque portable, la Boîte à idées, qui permet aux populations vulnérables d’apprendre et d’accéder aux informations numériques. Certes, les crises humanitaires créent des besoins urgents de nourriture, de logements, de soins médicaux et de vêtements ; mais en même temps, les réfugiés sont privés d’informations, de culture, d’éducation, de formation professionnelle, et souffrent de traumatismes, d’ennui, et de perte d’espoir.
La Boîte à idées propose des outils permettant de lire, d’écrire, de créer et de communiquer. Chaque boîte devient ainsi une bibliothèque multimédias personnalisée, énergétiquement autonome, et avec accès à Internet. Robuste, facilement transportable et simple à installer, la Boîte à idées peut permettre aux individus et communautés isolées de s’émanciper et d’aspirer à davantage d’autonomie dans l’avenir.
Chaque boîte est équipée de 15 claviers et de 4 ordinateurs portables connectés à Internet par satellite ; de 50 liseuses et de 5 000 livres électroniques, de 250 livres sur papier ; d’encyclopédies électroniques, d’un écran de télévision intégré, d’un écran de cinéma rétractable et de 100 films ; de jeux vidéo et de société, ainsi que d’autres activités récréatives ; de cinq caméras haute définition pour faire des films et du journalisme participatif ; de trois GPS pour contribuer à dresser des cartes ; de matériel d’artisanat et d’art.
Les Boîtes à idées ont été testées en février 2014 dans des camps de réfugiés du Burundi, dans la région des Grands Lacs africains, avec trois objectifs principaux : créer des capacités par l’éducation – leur rôle est évidemment primordial pour remplacer ou compléter les activités scolaires –, redonner le courage de se construire un avenir, et connecter les réfugiés entre eux. Depuis, LWB travaille avec des ONG au Liban et en Jordanie pour adapter les Boîtes aux contextes linguistiques, culturels et géographiques. En Jordanie, les premières Boîtes sont arrivées fin 2014, dans un camp de réfugiés près de la frontière syrienne.
Presque la moitié des réfugiés syriens sont des enfants et des adolescents. Le manque d’accès à l’éducation et aux activités récréatives et culturelles risque d’en faire une « génération perdue ». Quant aux adultes, ils n’ont pas accès aux moyens traditionnels d’information et de communication. De plus, malgré l’existence en Jordanie, en Turquie et en Irak de camps de réfugiés nombreux et étendus (créés et administrés par les autorités nationales, des agences de l’Onu, et des ONG), la majorité des réfugiés syriens vit en dehors de ces camps officiels et est privés de services humanitaires, tandis que les pressions démographiques, économiques et sociales pèsent lourdement sur les habitants des pays d’accueil et créent des tensions – surtout au Liban.
Dans ce contexte, la diffusion des Boîtes à idées permet l’accès à l’éducation et à l’information, procure un soutien psychologique, et donne la possibilité d’établir un dialogue pacifique entre les réfugiés et les communautés d’accueil.
Sources : librarieswithoutboarders.org ; ideas-box.org
Thématiques : éducation
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
