Partage international no 326 – octobre 2015
par Kofi Annan
Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’Onu, a déclaré en juin 2015 : « Il est temps de reconnaître que, telles les vagues sur les mers que traversent de nombreux migrants, le flux et le reflux des migrations humaines ne peut être stoppé. Voilà pourquoi la communauté internationale doit traiter les migrants avec compréhension et compassion […]
Les gens émigrent aujourd’hui pour les raisons mêmes qui ont poussé naguère des millions d’Européens à quitter leur patrie : fuir la misère, la guerre, l’oppression, ou chercher une vie meilleure dans un nouveau pays […]
Je ne me fais pas le chantre de migrations sans restrictions. Mais il est primordial d’accepter le fait que tous les efforts pour arrêter les migrations sont voués à l’échec et entraînent des conséquences désastreuses sur les vies humaines – que ce soit au cours de naufrages en Méditerranée ou au large des îles Andaman, ou en raison de violences xénophobes en Afrique du Sud, en Inde, ou ailleurs. Construire des clôtures plus hautes ne peut pas être une solution. Les migrations continueront jusqu’à ce que nous sortions les plus pauvres et les plus vulnérables des conditions qu’ils fuient actuellement.
Au début des années 1980, je travaillais à l’Agence de l’Onu pour les réfugiés, et je me souviens qu’en Europe tous les leaders politiques, les intellectuels, les universitaires, se sont ralliés à la cause des « boat people » qui fuyaient le Vietnam. Aujourd’hui, le monde a le devoir moral de se rassembler de la même manière. »


