Quatre idées en faveur de la paix

Partage international no 319mars 2015

The Elders1 réclament un renforcement du pouvoir des Nations unies et une réforme du Conseil de sécurité. Au cours de la Conférence sur la sécurité qui s’est tenue le 7 février 2015 à Munich, ils ont déclaré que les Nations unies ne représentent pas pleinement tous les Etats membres et que cet organisme manque de transparence dans ses prises de décision. Les Aînés étaient représentés à Munich par leur président, Kofi Annan ; leur vice-président, Gro Harlem Brundtland ; Martti Ahtisaari, ancien président de la Finlande et Graça Machel, co-fondatrice des Elders.

Au moment où les tensions au Moyen-Orient, en Ukraine et dans d’autres zones de conflit redoublent d’intensité, une gouvernance internationale crédible et efficace devient de plus en plus nécessaire, expliquent-ils. Soixante-dix ans après leur création, les Nations unies n’ont pas encore réussi à tenir la promesse inscrite dans leur charte : « Préserver les générations futures du fléau de la guerre. »

Kofi Annan et Gro Harlem Brundtland ont déclaré : « Du Nigeria à l’Afghanistan et à l’Ukraine, en passant par le Moyen-Orient, ce fléau cause la mort de millions de personnes ou représente une menace directe pour leurs vies. Et l’Onu est incapable de les sauver. Le problème est en grande partie dû au fait que le Conseil de sécurité, censé garantir la sécurité et la paix mondiale au nom de tous ses Etats membres, n’inspire plus le respect – certainement pas aux belligérants armés qui opèrent par-delà les frontières, et souvent pas même à certains des membres des Nations unies eux-mêmes. Partout dans le monde, et surtout dans l’hémisphère Sud, les gens ne comprennent pas pourquoi en 2015, le Conseil est encore dominé par les cinq puissances qui ont remporté la Seconde Guerre mondiale […].

L’élargissement du Conseil de sécurité à de nouveaux membres permanents fait presque l’unanimité, mais depuis des décennies maintenant, les Etats sont incapables de choisir ces nouveaux membres, ou de déterminer s’ils devraient avoir un droit de veto, comme ceux qui sont déjà en place. »

Les Aînés ont émis quatre propositions afin d’améliorer et de rendre plus équitable le mode de fonctionnement des Nations unies. La suprématie des membres permanents P5 (E.-U., R.-U., France, Russie, Chine) aboutit à un blocage institutionnel et entraîne l’exclusion des pays de l’hémisphère Sud, ont-ils déclaré.

Premièrement, ils ont demandé qu’une nouvelle catégorie de membres du Conseil de sécurité soit créée : des membres non permanents mais qui seraient éligibles à une réélection immédiate. Autrement dit, ils seraient « permanents » à condition de conserver la confiance des autres Etats membres.

Deuxièmement, les Etats du P5 doivent être plus responsables dans l’utilisation de leur droit de veto, en particulier dans des situations de crise où des gens sont sous la menace d’un génocide ou d’autres atrocités.

Troisièmement, au-delà du veto, le Conseil de sécurité devrait consulter régulièrement ceux qui sont affectés par ses décisions, en particulier dans les zones de conflit.

Quatrièmement, les Nations unies devraient établir un système plus transparent et responsable pour choisir le prochain secrétaire général.

Cette initiative est une première étape qui s’inscrit dans un processus à long terme dont le but est d’arriver à des changements significatifs. Les Aînés sont déterminés à maintenir la pression et faire entendre leurs voix jusqu’à l’élection du prochain secrétaire général des Nations.

1. Les Aînés : groupe d’anciens leaders mondiaux réunis par Nelson Mandela en 2007 et se consacrant à la recherche de solutions aux grands problèmes mondiaux.

Lieu : Munich
Date des faits : 7 février 2015
Sources : unies.theelders.org Press Release
Thématiques : Société, environnement, politique
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)