Cultures génétiquement modifiées et pulvérisations chimiques

Partage international no 316décembre 2014

Au milieu des années 1990, les multinationales de l’agro business présentaient les organismes génétiquement modifiés (OGM) comme solution miracle pour nourrir les millions d’affamés du monde. Cette industrie affirmait qu’ils étaient totalement sans danger car testés et utilisés de manière précise.

Des généticiens se sont néanmoins inquiétés car les OGM permettent de créer artificiellement différentes combinaisons de gènes qui n’auraient jamais pu se produire au sein d’un organisme naturel et que le déséquilibre ainsi engendré pourrait causer des dommages à l’ADN de la plante hôte. Le résultat pourrait être source de nouvelles toxines, d’allergies ou encore modifier la valeur nutritive des aliments.

Dans la gestion naturelle des cultures, seules des espèces étroitement apparentées peuvent être croisées pour produire de nouvelles variétés. Mais, avec les OGM, tout gène d’un virus, d’une bactérie, d’une autre plante ou d’un animal peut être isolé et incorporé dans l’ADN d’une plante entraînant ainsi une combinaison de gènes qui n’est pas le résultat d’une longue évolution et qui n’a pas prouvé son utilité en contribuant à la croissance, au métabolisme et de manière générale au bon fonctionnement de la plante.

La société américaine Monsanto a réalisé une étude à court terme sur trois variétés de maïs génétiquement modifiés (pour lesquelles on avait déjà pu montrer des perturbations multiples au niveau de différents organes chez les animaux de laboratoire) ; la commercialisation de ces trois variétés a pourtant été autorisée par les organismes de contrôle en charge de la sécurité.

Une étude indépendante réalisée par Giles Séranlini, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen, en France, et publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology de septembre 2012, a mis en évidence que les maïs OGM ont des effets toxiques. Elle a également constaté des effets toxiques dus au Roundup, un herbicide très connu à base de glyphosate et utilisé dans le cadre des cultures à base d’OGM. Au moins 80 % de toutes les cultures OGM actuelles sont conçues pour tolérer la pulvérisation d’herbicides à base de glyphosate. Mais un an plus tard, en novembre 2013, le journal a été contraint de se rétracter après une campagne sans précédent de critiques et de diffamations soutenue par des scientifiques pro-OGM.

L’étude a été rééditée en juin 2014 par la revue Environmental Sciences Europe, avec les données brutes ayant servi à aboutir aux conclusions (à la différence des données brutes des études menées par les industriels des OGM qui, elles, restent confidentielles). Le Pr Michael Antoniou, généticien moléculaire au King College de Londres, a déclaré que les OGM ne doivent pas être disséminés dans l’environnement dans le but de se reproduire et de se répandre, et qu’il existe des alternatives valables à ces organismes. Le Pr Jack Heinemann, de l’Université de Canterbury en Nouvelle-Zélande, a expliqué : « La première publication de ces résultats a mis en lumière l’infamie des attaques subies par les chercheurs qui présentent des résultats contraires aux intérêts de l’industrie des OGM. Je félicite Environmental Sciences Europe de soumettre ces recherches à un nouveau passage en revue par les pairs. »

Un autre scientifique, le Dr Andrés Carrasco, un chercheur embryonnaire qui travaille pour le ministère des Affaires scientifiques en Argentine, a étudié les effets du glyphosate sur la santé des animaux de laboratoire et constaté qu’il peut causer des anomalies dans le cerveau, les intestins et le cœur des fœtus amphibiens. Les communautés argentines les plus touchées par le soja OGM et donc les herbicides à base de glyphosate (en particulier dans les pampas) exigent une enquête approfondie sur les doses auxquelles le glyphosate peut être ingéré sans danger pour les êtres humains et les animaux. Ils sont préoccupés par l’augmentation des cancers, des malformations congénitales, de la stérilité et des fausses couches dans les zones de pulvérisation et insistent sur la nécessité d’un étiquetage des aliments à base d’OGM.


Sources : www.GMOSeralini.org ; Star et Sillon ; Journal de l’Association biodynamique ; www.mercola.com
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)