Partage international no 310 – juin 2014
Une campagne mondiale a été lancée en avril 2014 pour sensibiliser le public à la capacité du sol à apporter une contribution substantielle à la lutte contre le réchauffement climatique. Ceci nécessite cependant une transition vers des pratiques de gestion biologique largement disponibles et peu coûteuses connues sous l’appellation « Agriculture biologique régénérative ». Un livre blanc intitulé Agriculture biologique régénérative et changements climatiques a été publié par l’Institut Rodale (Pennsylvanie), un institut de recherche agricole indépendant.
Le document montre que si la manière de cultiver l’ensemble des terres agricoles actuelles était modifiée pour s’aligner sur le modèle de régénération tel qu’il est pratiqué sur les sites de recherche, alors, plus de 40 % des émissions de dioxyde de carbone annuelles (CO2) pourraient être capturées.
En outre, si toutes les pâtures étaient également gérées de cette manière, une part additionnelle estimée à 71 % pourrait être capturée. Il a été démontré que la conversion à long terme de la forêt indigène et des pâturages en terres fertilisées avec des engrais chimiques inorganiques tels que l’azote et le phosphore, réduit considérablement la quantité de carbone stockée dans le sol.
L’agriculture biologique régénérative fait appel à des techniques telles que les cultures de couverture, le paillage avec des résidus, le compostage et la rotation des cultures. Un exemple de ce type de pratiques : lorsque les vaches sont déplacées vers d’autres pâturages, les poulets sont ensuite introduits sur les terres que les vaches viennent de quitter. Les poulets se nourrissent des larves qui se trouvent dans la bouse plutôt que d’être engraissés au maïs ; en même temps, ils fertilisent les pâturages avec leurs déjections. L’agriculture biologique transforme le carbone d’un gaz à effet de serre en un élément capable de produire de la nourriture sans utilisation d’engrais chimiques énergivores. Le labourage de conservation est une pratique organique qui fait appel à la séquestration du carbone dans le sol : c’est le processus qui consiste à capturer et à stocker le CO2 atmosphérique dans le sol qui agit alors comme un « puits de carbone ».
D’après le livre blanc du Rodale Institute : « A l’heure actuelle, des agriculteurs et des scientifiques partout dans le monde sont enthousiasmés par la capacité de l’agriculture biologique régénérative d’atténuer les problèmes climatiques et l’insécurité alimentaire ; ces techniques ont fait l’objet de recherches et sont bien documentées. Il est maintenant temps de tirer parti de la connaissance des technologies de pointe, de l’ingéniosité humaine et de la riche histoire des agriculteurs travaillant en tandem avec les écosystèmes naturels. Il est urgent de tendre vers un climat stable par la guérison de notre terre et de nous-mêmes via l’agriculture biologique régénérative. »
Sources : realclimate.org ; nature.com ; permaculture.com ; ecowatch.com
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
