Partage international no 307 – mars 2014
D’après Oxfam : « Les élites les plus fortunées ont coopté le pouvoir politique afin de truquer les règles du jeu économique, saper la démocratie et créer un monde où les 85 personnes les plus riches possèdent la même fortune que la moitié de la population mondiale. »
Le rapport récemment publié par Oxfam, Travailler pour quelques uns, détaille l’impact destructeur des inégalités croissantes et comment les plus riches sapent les processus démocratiques et induisent des politiques qui favorisent leurs intérêts au détriment du reste de l’humanité.
Le rapport affirme qu’il existe une prise de conscience croissante de l’opinion publique mondiale sur ces questions. Des enquêtes réalisées dans six pays (Brésil, Inde, Afrique du Sud, Espagne, Royaume-Uni et Etats-Unis) montrent que la plupart des personnes interrogées pensent que les lois sont biaisées en faveur des riches.
Selon le rapport d’Oxfam, les conséquences de ce déséquilibre sont désastreuses : « Cette concentration massive des ressources économiques dans les mains d’une infime minorité présente une menace importante pour les systèmes politiques et économiques. Au lieu de progresser ensemble, les gens sont de plus en plus séparés par le pouvoir économique et politique, ce qui accroît inévitablement les tensions au sein de la société et augmente le risque de désintégration sociale. »
Le rapport a constaté qu’au cours des dernières décennies, les riches ont réussi à influencer le monde politique afin d’orienter les décisions en leur faveur sur des questions telles que la dérégulation financière, les paradis fiscaux, les pratiques anticoncurrentielles, la baisse des taux d’imposition sur les hauts revenus et sur les dividendes, ainsi que sur la réduction des investissements dans les services publics. Depuis la fin des années 1970, les taux d’imposition pour les plus riches ont diminué dans 29 des 30 pays pour lesquels des données sont disponibles.
Cette mainmise des riches, au détriment des pauvres et des classes moyennes, a conduit à une situation où 70 % des hommes vivent dans des pays où les inégalités augmentent depuis les années 1980, et où 1 % des familles possèdent maintenant 46 % de la richesse mondiale (110 000 milliards de dollars).
« La concentration des richesses aux mains de quelques-uns mène à des influences politiques indues, qui au bout du compte aboutissent à des politiques fiscales injustes, encouragent les pratiques de corruption et remettent en question le pouvoir des gouvernements. Prises ensembles, toutes ces conséquences affaiblissent la cohésion sociale », indique le rapport.
Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam, déclare : « Dans les pays développés tout comme dans ceux en développement, nous observons de plus en plus que les taux d’imposition les plus bas, les meilleurs soins, la meilleure éducation ainsi que les possibilités d’influencer la politique sont donnés non seulement aux plus riches, mais également à leurs enfants. Sans un effort concerté pour lutter contre les inégalités, elles perdurent à travers les générations. Nous allons bientôt vivre dans un monde où l’égalité des chances constituera juste un rêve. »
Oxfam lance un appel d’urgence aux gouvernements afin qu’ils prennent des mesures immédiates pour inverser ces tendances. Ils demandent un impôt juste et progressif, l’élimination des paradis fiscaux, un salaire décent pour les travailleurs, l’élimination de l’influence indue des plus riches sur les politiques ainsi que l’inversion des programmes d’austérité des gouvernements en utilisant les recettes fiscales pour financer des soins de santé universels, l’éducation et la protection sociale.
Sources : oxfam.org ; commondreams.org
Thématiques : Société
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
