Enseignements de la Sagesse éternelle

Un livret de Benjamin Creme :

Partage international no 302octobre 2013

par Carmen Font

Nombreux sont ceux qui parcourent le monde pour trouver des réponses ; d’autres, à la recherche de l’illumination, s’engagent sur le sentier de la religion ; d’autres encore, à la recherche de la connaissance, se plongent dans l’étude des philosophies. La moindre visite dans une bibliothèque ou une librairie offre une infinité de pistes au lecteur occasionnel comme au chercheur confirmé. Où trouver la vérité sur la vie ? La vérité existe-t-elle ? Et d’ailleurs, qu’est-ce que la vie ?

Questions difficiles, s’il en fut. C’est pourquoi nous préférons demander à une autorité extérieure – groupe religieux ou idéologie politique – de nous donner des pistes et des réponses à ce propos.

Pas si vite ! Nous sommes des adultes du XXIe siècle : nous n’avons que faire des religions et autres idéologies politiques qui – nous en avons la preuve – ne demandent qu’à continuer de régner sur notre mental comme elles l’ont toujours fait. Nous sommes athées, sacrebleu, et nous croyons au pouvoir sans limites de la science et au langage des arts. Nous sommes les farouches défenseurs des valeurs morales les plus élevées, les adversaires de tous les préjugés, et nous investissons dans le travail social, parce qu’il y a trop de misère dans le monde.

Ainsi, nous essayons de comprendre ce que nous sommes au moyen de notre intelligence sophistiquée, de notre connaissance du monde et de l’intensité de nos émotions. Nous faisons de notre mieux pour être de bons citoyens. Mais nous n’avons toujours pas de réponses à nos questions. Ou plutôt, nous en avons, mais elles semblent dispersées çà et là, sans rapport les unes avec les autres. Donc, dans le meilleur des cas, nous devenons tolérants – puisqu’il est impossible aujourd’hui de faire connaître sa conception de la vie, à moins d’écrire un livre, de faire des conférences ou de se lancer dans une révolution. Et de toute façon, s’imposer n’est plus à la mode – il n’y a que les fanatiques pour faire ça. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous contenter de ce que nous avons, et de donner à tout cela le sens que nous pouvons.

Pourtant, parfois, il nous semble que le but de la vie c’est la vie elle-même, et que toutes ces philosophies – occidentales comme orientales –, toutes ces formes d’art, ces systèmes politiques, communautés religieuses, interrogations scientifiques et progrès sociaux nous empêchent d’embrasser le tableau dans son intégralité. Tous les aspects de la vie contiennent leur part de vérité. Ils sont tous bâtis sur une seule et même fondation. Oui, la vie a un sens.

Le sens de la vie

Cela ne fait aucun doute. Et ce sens a toujours été là, bien que caché au grand public. Il a fallu un processus de compréhension progressif de la part de l’humanité pour que ce sens devienne plus accessible à un nombre de gens sans cesse croissant. Avant que la connaissance se transforme en sagesse par la pratique de l’amour et l’expérience consciente de la vie, ce sens doit être appréhendé. Pour notre propre sauvegarde psychique, nous ne recevons pas plus que nous ne sommes capables d’appréhender. Le sens de la vie se trouve dans les Enseignements de la Sagesse éternelle.

Les vérités les plus importantes s’expriment souvent dans les termes les plus simples, sans fioritures inutiles ni complications mentales. Elles sont profondes et synthétiques.

Benjamin Creme présente ces vérités dans la longue interview qu’il a donnée au journaliste Rollin Olson à propos des grandes idées exprimées dans les Enseignements de la Sagesse éternelle. Jamais une somme aussi importante de connaissances ésotériques aussi fondamentales n’avait été révélée auparavant sous forme de fascicule. B. Creme commence par définir la nature synthétique de ces enseignements qui sont en fait un précis condensé de l’héritage spirituel de l’humanité : L’Enseignement de la Sagesse éternelle, ou enseignement ésotérique, comme on l’appelle souvent, n’est pas une religion. Ce n’est pas non plus, à proprement parler, une philosophie ; ce n’est ni un art ni une science, mais c’est un peu tout cela. En fait, l’ésotérisme est la philosophie, ou la science du processus de l’évolution » (pp. 11-12). On peut se poser des questions sur les détails du processus évolutif : fait-il référence à l’évolution darwinienne depuis le singe jusqu’à l’homme, ou au passage des peuplades primitives à l’état de peuples éduqués ? Non, dans ce livret, l’évolution fait référence au développement de la conscience, et non de la forme, pour les hommes comme pour les règnes inférieurs – minéral, végétal et animal.

L’évolution de notre planète Terre et de ses habitants est décrite dans ces Enseignements de la Sagesse éternelle – cette connaissance ésotérique qui est restée « occulte » (cachée) pendant de nombreux siècles. Elle a lentement fait son chemin vers la lumière grâce au travail de pionnier de disciples comme Helena Petrovna Blavatsky, Helena Rœrich et Alice A. Bailey à la fin du XIXe siècle et dans la première partie du XXe. Aujourd’hui, avec l’apparition imminente de Maitreya et l’inauguration avérée de l’ère du Verseau, l’humanité a besoin d’une connaissance et d’une compréhension profondes des Enseignements de la Sagesse éternelle. Benjamin Creme nous apprend qu’ils sont aussi anciens que l’humanité : «  Ils sont transmis par un groupe d’hommes qui ont dépassé le stade strictement humain et ont pénétré dans le règne suivant, le règne spirituel. Ces êtres sont les Maîtres de Sagesse et les Seigneurs de Compassion. Ce sont des hommes comme nous, mais qui ont élargi leur conscience jusqu’à inclure les niveaux spirituels » (p. 13). En un mot, les Enseignements de la Sagesse éternelle expliquent pourquoi l’humanité est sur la Terre et quel est son but, et ils décrivent le processus de développement de la conscience. « En tant qu’espèce humaine, notre but est de spiritualiser la matière. Nous sommes une manifestation de l’esprit incarné dans la matière, en incarnation à un niveau relativement bas – même si du point de vue des règnes minéral, végétal ou animal, ce niveau est relativement élevé. […]Le processus de l’évolution nous permet donc de spiritualiser la matière de nos propres corps, et, du même coup, la matière elle-même » (p. 11). Nous réalisons cela en « imprégnant la matière de nos corps physique, émotionnel et mental des qualités de l’âme, qui est parfaite » (p. 11). B. Creme nous explique le mystère de la vie et nous invite à y prendre part. Il aborde le problème mystérieux et intriguant de la nature de Dieu : « Dans le sens ésotérique, Dieu est la somme de toutes les Lois et de toutes les énergies gouvernées par ces Lois dans l’univers manifesté et non manifesté. En conséquence, Dieu est impersonnel. Néanmoins, ce Dieu transcendant se manifeste dans chaque aspect de la création, y compris nous-mêmes. Nous ne sommes pas séparés de cette création – de Dieu » (p. 75). Dieu est également le Grand Etre cosmique qui est l’âme de notre planète. La seule différence entre les Maîtres et nous est qu’ils sont des Dieux réalisés et qu’ils ont fusionné leur conscience avec leur personnalité. Pour nous, ce processus est toujours en cours : c’est là la raison d’être des Enseignements de la Sagesse éternelle, dont le but est de nous ouvrir les yeux et la conscience aux différentes lois gouvernant notre constitution.

L’ABC de la vie

Bien que nous n’ayons aucune prise sur les lois qui nous amènent en incarnation et rien à dire quant à la nature et à l’importance du fardeau karmique qui nous est imparti dans une vie particulière (ce qui relève des Grands Seigneurs du Karma), nous pouvons faire bon usage des énergies et des circonstances karmiques qui nous sont données aujourd’hui. A cette fin, les Enseignements de la Sagesse éternelle consacrent une section aux sept rayons, avec leurs qualités et leurs interactions (p. 19), ainsi qu’au fonctionnement de la Loi de cause et d’effet (p. 30). Le processus de renaissance est le mécanisme qui permet à notre conscience d’évoluer et, comme Benjamin Creme nous l’explique, ce sont ces deux lois – de Renaissance et de Cause et d’effet – qui gouvernent le retour en incarnation des groupes d’âmes. La loi dominante est la Loi de cause et d’effet, et « d’un point de vue scientifique, on peut dire qu’il s’agit de la loi d’action et de réaction, qui sont opposées et égales » (p. 23). Selon cette loi, « chacune de nos pensées, chacune de nos actions met une cause en mouvement » (p. 23). C’est ainsi que nous faisons nous-mêmes notre vie. Les hommes ont longtemps pensé qu’ils naissaient avec de la « chance » ou non, que tout était réglé par la destinée. Mais si destin et destinée existent, c’est dans la mesure où ils sont le résultat de notre héritage karmique et des décisions prises par notre âme avant l’incarnation. L’ABC de la vie est une combinaison adéquate de prédestination et de libre arbitre. Nous naissons libres de choisir notre mode de vie en fonction de notre expérience, de notre compréhension et de notre sagesse. Personne n’est prédestiné à mourir de faim ou à souffrir de maltraitance toute sa vie. Nous naissons avec une certaine charge de prédestination et la promesse que la vie peut être et sera un épanouissement si nous avons la sagesse de faire les bons choix dans le cadre du scénario qui est le nôtre. Le chapitre Evolution et initiation (p. 30) décrit ce processus. Les Enseignements de la Sagesse éternelle nous aident à comprendre notre constitution, nos relations avec la Hiérarchie et l’interaction entre les deux. Notre destinée, c’est d’être ce que nous pouvons être de mieux à tout moment.

Nous sommes là au cœur de ce que l’on pourrait appeler la vraie spiritualité. Si nous voulons pratiquer cette dernière, « Maitreya nous recommande de cultiver trois qualités : l’honnêteté mentale, la sincérité de cœur et le détachement » (p. 59). Ceux qui ont lu les enseignements de Maitreya connaissent déjà ces trois pratiques, mais pour ceux qui ne sont pas au courant, elles deviendront rapidement un outil précieux voire même une révélation. En tout état de cause, il nous faut retrouver ces vérités d’une puissance sans pareille. « Il est temps que tout le monde comprenne que le mot « spirituel » s’applique à tout ce qui contribue activement à l’amélioration des conditions de vie de l’humanité tout entière […] Est spirituel tout ce qui fait avancer un homme ou une femme » (p. 46) sur quelque plan que ce soit.

Même si ce petit livre est un outil précieux pour présenter la sagesse ésotérique aux débutants, il serait injuste de ne le considérer que comme un « outil » réservé aux néophytes et au public des salons et des conférences. Même s’il contient des informations déjà données dans des livres plus importants de Benjamin Creme, nulle part ailleurs la vérité, si clairement et si succinctement exprimée, ne possède pareil impact. Nous y trouvons, présentées avec la même énergie, la grande comme la petite histoire : origine de l’homme, présentée sous forme métaphorique par l’histoire symbolique d’Adam et Eve (p. 54) ; signification des mots Christ et Antéchrist (p. 48 et 52) ; présentation synoptique des événements marquants de l’émergence de Maitreya (p. 63) ; Prière pour le nouvel âge (p. 70), et enfin, un très utile glossaire des termes ésotériques (p. 73).

Même pour un étudiant averti de la littérature ésotérique et des œuvres de Benjamin Creme, les Enseignements de la Sagesse éternelle sont un ouvrage de base indispensable, une planche de salut en période de stress et de doute. Ouvrez-le au hasard à n’importe quelle page, et laissez-le illuminer votre journée.

Benjamin Creme, Enseignements de la Sagesse éternelle : un entretien avec Benjamin Creme. Partage international, 5e édition, 2013.

Auteur : Carmen Font, professeur d’université et correspondante Share International. Elle réside en Espagne.
Thématiques : sagesse éternelle
Rubrique : Compte rendu de lecture ()