Le Royaume-Uni attentif à l’état de la nature

Partage international no 299juillet 2013

Pour la première fois, 25 organisations anglaises en faveur de la faune et de la flore ont collaboré afin de présenter un rapport sur l’État de la nature – un inventaire des espèces sauvages dans le Royaume-Uni et ses Territoires d’Outre-mer. Publié le 22 mai 2013 pour coïncider avec le Jour international pour la diversité biologique aux États-Unis, ce rapport base ses conclusions sur un nouvel indicateur des éléments à surveiller, développé pour mesurer l’évolution des espèces à protéger en priorité, et sur la Liste Rouge, liste des espèces planétaires menacées d’extinction, dressée en 1963 par l’Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles.

Les auteurs du rapport font toutefois remarquer qu’il reste encore beaucoup à faire pour améliorer nos connaissances : la surveillance dépendant largement de l’engagement et des capacités de bénévoles, peu d’information est collectée pour la majorité des espèces. C’est pourquoi le rapport ne couvre que 3 148 espèces – seulement 5 % des 59 000 espèces terrestres et aquatiques du Royaume-Uni. Mais même à ce faible niveau les nouvelles sont alarmantes.

Découvertes clés :

– Deux insectes sur 3 sont en déclin ;

– plus de 10 % des espèces du Royaume-Uni sont menacées d’extinction ;

– globalement les populations ont diminué de 77 % en moyenne ces quarante dernières années, avec un faible indice de reprise ;

– 60 % des espèces ont diminué ces cinquante dernières années, 31 % très fortement ;

– 50 % des espèces montrent de gros changements dans leur nombre ou leur variété, en raison des récents changements environnementaux. Les espèces ayant besoin d’un habitat spécifique souffrent davantage que les autres ;

– Dans les Territoires d’Outre-mer du Royaume-Uni, plus de 90 espèces présentent un fort risque d’extinction, la grande majorité étant d’une importance internationale.

Le rapport cite des menaces « nombreuses et variées » envers la faune et la flore, les plus sévères soit détruisent l’habitat, soit dégradent la qualité et la valeur de ce qui reste. Les effets du changement climatique s’accroissent, avec de nombreuses espèces forcées d’augmenter leurs portées pour survivre, ainsi que d’autres subissant directement les effets dévastateurs notés dans le rapport.

« Les causes sont variées, écrit David Attenborough dans l’avant-propos du rapport, mais la plupart sont finalement dues à la façon dont nous utilisons la terre et les mers et leurs ressources naturelles, souvent avec peu d’égards pour la faune et la flore avec qui nous les partageons. L’impact sur les plantes et les animaux a été profond. »

Mais à côté des déclins, le rapport célèbre aussi les succès. Entre 2007 et 2011, par exemple, « plus 17 000 ornithologues amateurs volontaires ont parcouru environ un quart de la surface de la Grande-Bretagne et de l’Irlande afin d’aider à compiler le dernier Atlas des oiseaux, et neuf millions de données ont été enregistrées pour le dernier Atlas des plantes. Le Royaume-Uni est le leader mondial de ce genre d’engagement public pour la surveillance de la faune et de la flore, ce qui aurait coûté des millions de livres s’il avait fallu payer des professionnels. »

Le rapport résume : « Nous devons agir pour sauver la nature à la fois pour sa valeur intrinsèque et pour le bénéfice qu’elle nous apporte et qui sont essentiels pour notre bien-être et notre prospérité. Une conservation ciblée a produit des histoires inspirées célèbres et, avec une détermination suffisante, des ressources et l’appui du public, nous pouvons agir sur le bien-être de la faune et de la flore autour de nous. Le rapport sur l’État de la Nature sert à illustrer qu’avec une détermination et un engagement partagés nous pouvons sauver la nature. »


Date des faits : 22 mai 2013
Sources : rspb.org.uk
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)