Pnud : rapport 2005 sur le développement humain
Partage international no 206 – octobre 2005
Les dirigeants du monde ont reçu un ferme avertissement sur le coût humain du non-respect des accords mondiaux visant à sortir les hommes de l’extrême pauvreté – coût qui inclut de nombreux millions de morts qui pourraient être évités dans les dix prochaines années, selon le Rapport 2005 sur le développement humain : La croisée des chemins de la coopération internationale – l’aide, le commerce et la sécurité dans un monde injuste, rapport des Nations unies pour le développement.
Ce rapport a été présenté aux dirigeants du monde une semaine avant qu’ils ne se rencontrent, au siège des Nations unies à New York, pour le Sommet mondial 2005 – la plus grande réunion de chefs d’Etats et de gouvernements – pour faire le point sur les progrès accomplis vers les Objectifs de développement du millénaire (ODM). Ces objectifs incluent l’engagement de diviser par deux l’extrême pauvreté, de réduire des deux tiers la mortalité infantile et d’étendre l’éducation primaire universelle, d’ici 2015.
L’étude fait apparaître que si des progrès substantiels ont été accomplis globalement, beaucoup de pays pris individuellement ont aussi régressé. Le rapport recommande un changement rapide et important dans les politiques d’aide mondiale, le commerce et la sécurité pour remplir les ODM « Le monde possède la connaissance, les ressources et la technologie, mais le temps presse », selon l’administrateur du Pnud, Kemal Dervis.
« La Déclaration du millénaire était un engagement solennel à libérer nos frères – hommes, femmes et enfants – des conditions d’extrême pauvreté les plus abjectes et déshumanisantes, selon Kevin Watkins du pnud, auteur du rapport et ancien directeur à l’Oxfam. Les ODM constituent une promesse, rédigée par 189 gouvernements, destinée aux pauvres de la planète. Il reste moins de 10 ans pour les respecter. »
Le rapport montre que le développement humain s’améliore mais que son rythme est trop lent pour atteindre les ODM. Parmi les chiffres clefs :
– Objectif de réduction de la pauvreté : en 2015 et au rythme actuel, 827 millions d’humains vivront dans l’extrême pauvre-té – dont 380 millions pourraient l’éviter si les objectifs des accords internationaux étaient respectés. En outre, 1,7 autres milliard d’humains vivront avec 2 dollars par jour, en 2015.
– Objectif de réduction des deux-tiers de la mortalité infantile : au rythme actuel, l’objectif de réduction de la mortalité des enfants de moins de cinq ans sera atteint en 2045, soit 30 ans après 2015. Pour la prochaine décennie, le coût humain de non tenue de l’objectif se traduirait par 41 millions de mort d’enfants supplémentaires.
– Objectif d’éducation primaire universelle : En 2015, 47 millions d’enfants seraient non scolarisés, dont 19 millions dans l’Afrique sub-saharienne.
– Objectif d’améliorer l’accès à l’eau salubre et aux installations sanitaires : Plutôt que de diviser par deux le milliard de personnes qui n’ont pas l’accès à une eau propre, avec la tendance actuelle, 210 millions de personnes n’atteindraient pas l’objectif. Plus de 2 milliards n’auraient toujours pas accès aux installations sanitaires en 2015, principalement en Afrique sub-saharienne.
Le rapport affirme que les inégalités extrêmes constituent un frein au progrès vers les ODM. Il souligne l’ampleur des écarts de bien être entre les pays : les 40 % de la population la plus pauvre – 2,5 milliards de personnes qui vivent avec moins de 2 dollars par jour – ne compte que pour 5 % du revenu global.
Dans un langage étonnamment peu diplomatique, le Rapport accuse les Etats-Unis d’avoir « une stratégie militaire surdéveloppée et une stratégie de sécurité humaine sous-développée – y compris en ce qui concerne leurs propres citoyens ». Le rapport de l’Onu montre clairement, pour la première fois, qu’une partie des Etats-Unis est aussi pauvre que le monde en développement – vérité mise à nu lors du désastre de l’ouragan Katrina. Le rapport mentionne une augmentation du taux de mortalité infantile (nombre d’enfants qui meurent avant leur 5e anniversaire) aux Etats-Unis depuis 2000, taux qui est aujourd’hui égal à celui de la Malaisie, et un taux de pauvreté infantile qui a augmenté de plus de 20 %. Le taux de pauvreté infantile – défini comme le pourcentage d’enfants vivant dans une famille dont les revenus sont 50 % en dessous de la moyenne nationale – est un indicateur particulièrement sensible de la pauvreté dans les pays développés.
Dans un défi apparent aux actions bilatérales des administrations Bush et Blair, le rapport affirme : « Il existe un besoin urgent à développer un cadre de sécurité collective qui va au-delà de la réponse militaire au terrorisme. La pauvreté et la misère sociale sont les composants fondamentaux de la menace de sécurité globale. Le seul moyen d’éradiquer la pauvreté est de cibler les inégalités. A moins que cela soit accompli, les MDG ne seront pas atteints »
« Ce rapport nous présente un signal clair, a déclaré K. Dervis. Nous savons que ces ODM sont atteignables, mais si l’on continue nos affaires comme d’habitude, les promesses de la déclaration du millénaire ne seront pas tenues. Ce serait avant tout une tragédie pour le monde pauvre – mais les nations riches ne seraient pas épargnées par ses conséquences. Dans un monde interdépendant, nos prospérités et sécurités collectives partagées dépendant de manière critique du succès dans la guerre contre la pauvreté. »
Sources : Pnud
Thématiques : Société, politique, Économie, éducation
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
