Partage international no 292 – décembre 2012
Italie – Des milliers d’Italiens sont descendus dans la rue, à Rome, pour protester contre les sévères mesures d’austérité prises récemment par le gouvernement du premier ministre Mario Monti. Les manifestants, qui représentaient un échantillonnage représentatif de la société italienne, avec des syndicalistes, des étudiants, des représentants de mouvements politiques et des chômeurs, ont participé à une manifestation intitulée La journée sans Monti. Entourés d’une forte présence policière, les manifestants brandissaient des bannières : « Réductions, rien que des réductions ! », et « Monti, dehors ! » Certains manifestants portaient des masques du premier ministre, tandis que d’autres brandissaient des marionnettes représentant Silvio Berlusconi et Angela Merkel.
Le premier ministre italien a récemment promulgué une série de mesures d’austérité, comprenant des hausses d’impôts, et des réductions des dépenses qui, selon les Italiens, lèsent les travailleurs et les pauvres. La récession continuelle, dans le troisième Etat de la zone euro, touche durement les Italiens qui ont vu l’instauration de nombreuses mesures d’austérité budgétaire et une augmentation des charges sur le revenu des retraites. Un autre facteur que les Italiens déplorent est que leur premier ministre, comme son homologue grec, n’a pas été élu par le peuple, mais nommé. Avant de devenir premier ministre, il présidait le ministère de l’Economie et des Finances, au moment même de l’aggravation de la crise financière !
Argentine – Le 8 novembre 2012, des foules entières ont protesté contre la politique du gouvernement. Cette marche massive était la dernière d’une série de protestations dites cacerolazos en raison des ustensiles de cuisine que les manifestants brandissent et frappent pour attirer l’attention sur les problèmes qui s’aggravent dans ce pays d’Amérique latine, comme le taux de criminalité, l’inflation et la corruption.
De nombreux manifestants sont descendus dans la rue pour que la présidente, Cristina Fernandez de Kirchner, ne puisse pas modifier la Constitution du pays et se présenter à la réélection. « Le peuple est vraiment fatigué des mensonges du gouvernement », déclare Arturo Feldman, étudiant de 23 ans. Les manifestations se sont massées sur l’avenue centrale de la ville, en brandissant des drapeaux argentins et des banderoles : « Assez d’insécurité », « Non à la réélection » et « Stop à la corruption ». La scène qui se joue à Buenos Aires s’est répandue dans le monde. Le 8 novembre, le son des casseroles a résonné à Miami, New York, Londres, Madrid, Paris, Rome et Sydney.
A Miami, les manifestants agitaient des bannières : « Nous ne voulons pas d’une Argentine communiste. » « Nous sommes ici juste pour soutenir tous les Argentins » a déclaré à CNN l’organisateur, Christian Ferreyra. Une autre manifestante, Romina Daviani, a avancé de multiples raisons de descendre dans la rue par solidarité, à savoir notamment le taux élevé de criminalité et l’inflation en Argentine.
Par le passé, les manifestations étaient non partisanes. Mais, cette fois, certains leaders de l’opposition ont fait connaître leur opinion. Rosendo Fraga, analyste politique installé à Buenos Aires affirme que les « concerts de casseroles » affecteront l’avenir politique du pays. « Sans aucun doute, ils affecteront les élections de mi-mandat. Il reste encore du temps avant ces élections, explique-t-il, mais cela offre une occasion à l’opposition. »
Grèce – Le Bureau grec des statistiques a annoncé un taux de 25 % de chômage en août 2012, record atteint après trois ans d’une hausse incessante. Un nouveau rapport de l’Elstat (Autorité hellénique de la statistique), montre que le taux de chômage du pays a encore augmenté depuis les 24,8 % de juillet 2012. Cela représente deux fois le taux de chômage (11,5 %) des autres pays de la zone euro. Un chiffre record de 1,27 million de personnes sans emploi en août ! Le taux de chômage a plus que triplé depuis le début de la crise économique, il y a cinq ans, et maintenant, il est à 58 % pour les jeunes de 15 à 24 ans. Selon Eurostat (direction générale de la Commission européenne chargée de l’information statistique à l’échelle communautaire), c’est l’Espagne et la Grèce qui connaissent le taux le plus élevé de chômage avec 25,5 % des Espagnols dans l’impossibilité de trouver du travail.
Le gouvernement grec a voté d’autres mesures de rigueur, faisant naître des protestations dans tout le pays, provoquant la colère de la population, désespérée par les réductions des budgets et les hausses d’impôts. Des réductions similaires ont attisé l’agitation sociale et des protestations massives dans de nombreux pays européens. Les prospectives du chômage dans la zone euro montrent que le taux de chômage dans les pays membres atteindra un nouveau point culminant d’environ 12 % l’année prochaine.
L’Espagne et la Grèce sont supposées rester en récession l’année prochaine. La France, deuxième pays en importance de l’Union européenne, risque aussi de ne pas atteindre son objectif l’année prochaine pour ce qui concerne le déficit. L’insolvabilité menace maintenant des pays lourdement endettés comme la Grèce, le Portugal, l’Italie, l’Irlande et l’Espagne.
Chine – Alors que le 18e Congrès du Parti s’est tenu à Pékin, un groupe d’activistes à Hong Kong a exigé le changement. Les manifestants ont marché sur le Bureau de liaison du gouvernement chinois à Hong Kong, en demandant au parti communiste d’opérer des réformes politiques et humanitaires.
« Il n’y a pas du tout de réformes politiques. Nous ne voyons que de la régression concernant les droits humains, nous ne voyons que de la régression dans la démocratie. Et nous estimons que ce parti communiste à l’heure actuelle ne fait que diminuer les droits humains, que diminuer le droit à la parole. Et nous demandons la fin du régime dictatorial d’un parti unique », a déclaré M. Lee Cheuk-Yan, un législateur pro-démocratie.
Ces manifestants demandaient aussi la mise en liberté du Prix Nobel de la Paix, Liu Xiabo. Patrick Poon, militant pour les droits humains, a déclaré : « J’espère que le gouvernement verra qu’il n’y a pas que Liu Xiabo pour faire ces demandes ! »
Tibet – De nouveaux cas d’auto-immolation ont été rapportés, alors que le Congrès du parti communiste s’ouvrait à Pékin. En deux jours, trois jeunes moines et deux autres Tibétains se sont jetés dans le feu, ont rapporté les militants. Les moines, âgés de 15 et 16 ans, sont les plus jeunes à s’être immolés. Cette protestation désespérée a eu lieu devant les locaux de la police dans la province sud-ouest du Sichuan. Les moines demandaient la liberté du Tibet et le retour de leur chef spirituel, le dalaï-lama.
Depuis mars 2011, des dizaines de Tibétains se sont immolés par le feu au Tibet, en protestation contre ce que les militants appellent la lourde mainmise de la Chine sur leur pays. Ces protestations deviennent plus fréquentes à l’heure actuelle. Elles ont pour but de lancer à la nouvelle génération chinoise un signal clair que les Tibétains continueront de lutter pour leurs libertés, malgré les efforts de la Chine pour les éliminer et les intimider, a déclaré dans un rapport Stephanie Brigden, directrice de l’Organisation Tibet libre.
Une jeune femme, nomade tibétaine de vingt-trois ans, s’est aussi immolée par le feu, dans une autre zone tibétaine de la province occidentale du Quing hai. Jinpa Gyatso, nomade tibétaine originaire de la même région, était la cinquième en deux jours à se jeter dans le feu.
Afrique du Sud – En novembre 2012, des vignobles de la région viticole la plus importante du pays ont été incendiés par des manifestants qui réclamaient un meilleur salaire. Cinquante hectares de vigne ont été brûlés à 140 km au nord-est du Cap. Cette zone est le plus gros producteur de raisins de table, l’Afrique du Sud étant le plus gros producteur de ce fruit du continent.
Les manifestants demandent un meilleur salaire et de meilleures conditions de vie, a déclaré le Congrès des syndicats d’Afrique du Sud, le syndicat le plus important du pays. L’agitation des travailleurs dans les mines et les industries manufacturières de l’Afrique du Sud ont ces derniers temps attiré l’attention des médias internationaux. Un quart de la main-d’œuvre sud-africaine est au chômage et presque un tiers de la population, qui s’élève à 51,8 millions de personnes, reçoit de l’aide sociale.
La Nación, El Clarín, Argentine ; CNN, bloomberg.com, E.-U. ; Presstv.ir ; oston.com
Sources : diverses (voir en fin d'article)
Thématiques : Société, politique
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
