Occupy Wall Street : la force du possible

Partage international no 281février 2012

« Le Héraut du renouveau inspire calmement une nouvelle génération d’activistes qui émergera bientôt dans toutes les nations, attentive aux besoins des hommes où qu’ils se trouvent. Déjà, comme vous le savez, les groupes qui militent en faveur des nouvelles structures travaillent au grand jour et avec courage dans de nombreux pays, démontrant une nouvelle aspiration qui naît dans le cœur de millions d’hommes : aspiration au respect de chacun, à la coopération avec tous et à la fin de la vieille cupidité et des divisions qu’elle engendre. Ainsi les hommes voient-ils s’esquisser les temps futurs, en se régénérant dans les enseignements simples de Maitreya. Etape par étape, les changements seront adoptés et implantés à grande échelle. » [Le Maître de B. Creme, Le Héraut du renouveau, Partage international, décembre 2011]

Dans une récente interview pour l’hebdomadaire américain The Nation, la journaliste Naomi Klein interroge Yotam Marom sur le mouvement Occupy qui prend de plus en plus d’ampleur aux Etats-Unis. « Une des questions les plus intrigantes sur ce mouvement est : pourquoi maintenant ? Des gens se battent contre les mesures d’austérité et dénoncent les abus commis par les banques depuis quelques années… alors comment expliquer que soudain, ce groupe de personnes dans un parc déclenche quelque chose d’extraordinaire ? »

Y. Marom répond qu’il voit deux raisons possibles : tout d’abord, les conditions sociales, le chômage et l’endettement auxquels les gens doivent faire face et ensuite, le fait qu’il faut du temps pour organiser des groupes d’action. Il poursuit : « Et puis, quel est le troisième élément qui permet l’émergence du mouvement, quel est le déclencheur ? Eh bien, je ne suis pas sûr de connaître la réponse, mais je sais comment les gens le ressentent. C’est comme si quelque chose avait été ouvert, une sorte d’espace que personne ne connaissait et qui fait que toutes sortes de choses jusqu’ici inconcevables sont devenues possibles. Quelque chose s’est désengorgé, toutes sortes de gens ont commencé à y reconnaître leurs propres combats, ont pu s’y identifier, ont ressenti que la victoire était possible, qu’il y a une alternative et que les choses n’ont pas à rester indéfiniment comme elles le sont. Je pense que c’est cela qui rend ce mouvement si spécial. »

Yotam Marom décrit ensuite la direction que, d’après lui, le mouvement Occupy prendra par la suite : « D’une part, essayer définir les valeurs et les institutions que nous voulons voir dans une société libre, et d’autre part, créer l’espace nécessaire pour ce nouveau monde en résistant et en démantelant les institutions qui nous empêchent d’y parvenir. L’occupation en général, en tant que tactique, est une forme vraiment géniale de lutte, et cela à double niveau : elle a une dimension intérieure (c’est une maison où nous pratiquons l’alternative, la démocratie participative, avec nos bibliothèques, nos antennes médicales où chacun peut se faire soigner et d’autres choses de ce genre à une petite échelle), et une dimension extérieure en tant que base de départ de notre combat contre les institutions qui nous empêchent d’atteindre nos objectifs, contre les banques en tant que représentantes du capitalisme financier et contre l’Etat qui protège et favorise ces intérêts. »

Alors qu’il reconnaît la nécessité qu’il y ait des candidats se présentant aux élections et agissant par petits pas, Y. Marom explique : « Notre rôle à Occupy Wall Street devrait être de voir plus grand ; notre devoir est de regarder loin devant, d’affirmer une vision, de créer des alternatives et d’intervenir dans les processus politiques et économiques qui régissent la vie des gens. Nous devons reconnaître que les institutions qui gouvernent nos vies ont vraiment du pouvoir, mais nous n’avons pas nécessairement besoin de nous plier à leurs règles. Je pense que le rôle d’Occupy Wall Street est d’entraver les pratiques institutionnelles pour réduire leur pouvoir, et de créer des ouvertures pour les alternatives que nous essayons de construire. Et puis, si des politiciens ou d’autres personnes qui se considèrent en solidarité avec ce mouvement veulent saisir l’opportunité, ils devraient utiliser ce mouvement pour réaliser des objectifs qui nous renforceront ; ils ont une chance d’y arriver maintenant. »

En réponse à une remarque de Naomi Klein sur le caractère inédit du mouvement, Yotam Marom décrit le moment où il a pris conscience qu’Occupy Wall Street était à un tournant : « Il y a environ trois semaines, je discutais avec des gens que j’avais tout juste rencontrés et nous réfléchissions sur l’avenir du mouvement ; je me souviens encore du moment où cela m’a paru comme une évidence « Nous sommes en train de gagner ! » c’était surréaliste. Et puis est venue immédiatement la question : « Alors, qu’est-ce que nous voulons ? » Vous savez, à ce moment, nous n’avions pas gagné grand-chose et c’est toujours le cas, nous n’en sommes encore nulle part dans la société où nous voulons vivre mais il y avait ce sentiment que l’histoire était en marche, que le monde entier nous regardait et qu’il y avait beaucoup de possibilités devant nous. C’était la première fois que je connaissais ce genre d’expérience et je pense que c’était aussi la première fois pour toute une série de gens. Ce fut un moment où nous avons ressenti une puissance incroyable, cela a vraiment changé ma vie, mais ce fut aussi un moment terrifiant, parce que cela signifiait que tout cela était réel, que les implications sont énormes et que ce n’est pas un jeu. »

Tout cela était inconcevable il y a quelques mois, c’était impossible. Je le ressentais au fond de mon cœur, j’étais cynique et j’ai beaucoup appris de cette expérience. Mais il s’avère que nous en savons très peu sur ce qui est possible ; c’est vraiment une leçon d’humilité et cela ouvre beaucoup de portes… Il me semble que nous pouvons aboutir à une société véritablement libre. Je pense qu’il est tout à fait possible d’avoir un système politique et économique dans lequel nous ayons véritablement notre mot à dire, que nous contrôlions de manière démocratique, dans lequel nous participions, qui soit équitable et libérateur, où nous disposions d’une autonomie pour nous-mêmes, notre famille et notre communauté tout en étant solidaires des autres. Je pense que c’est possible, et nécessaire. C’est le genre de choses étonnantes avec ce mouvement ; en ce moment, je ne peux même pas imaginer les limites de ce qui sera possible. »


Sources : thenation.com, États-Unis
Thématiques : Société
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)