SIDA
Partage international no 155 – juillet 2001
Quant au Brésil, il est devenu le modèle à suivre en matière de fourniture de médicaments anti-sida. Son gouvernement fournit gratuitement un remède anti-rétroviral aux personnes infectées par le HIV.
Les laboratoires d’Etat brésiliens fabriquent des copies génériques de huit médicaments, sur les douze du cocktail thérapeutique, pour un coût annuel d’environ 4 700 dollars par personne. Le gouvernement distribue gratuitement le cocktail à 95 000 malades.
Le Brésil a une longue histoire de production de ses propres remèdes génériques, au lieu d’acheter à grands frais d’importantes quantités de produits de marque.
En 1994, Far-Manguinhos, un laboratoire pharmaceutique d’Etat situé à Rio, a commencé à fabriquer la première génération d’antiviraux de type AZT. Aujourd’hui, ce laboratoire produit 80 % des médicaments utilisés dans les cocktails anti-sida brésiliens.
Cette solution de contournement des patentes s’est révélée un succès indéniable pour le gouvernement. En évitant de payer le prix exigé par les firmes pharmaceutiques pour les produits contre le sida, le Brésil a économisé 472 millions de dollars dans les deux premières années du programme, et il continue à réduire ses dépenses à mesure que le projet prend de l’ampleur. En 1999, le ministère de la Santé a dépensé 337 millions de dollars pour fournir des remèdes à 75 000 malades. L’an dernier, il a dépensé 319 millions de dollars pour 95 000 malades.
Garder les patients en bonne santé permet également de réduire les coûts hospitaliers. D’après le personnel de santé, au cours des deux premières années du programme, le cocktail anti-sida a permis d’éviter l’hospitalisation de 146 000 Brésiliens, économisant ainsi à la nation 486 millions de dollars en frais d’hospitalisation.
Autre point important, la campagne pour les thérapies gratuites a permis de démentir les prévisions pessimistes des experts. En 1995, la Banque mondiale avait estimé que le nombre de cas de sida au Brésil atteindrait 1,2 illion en l’espace de cinq ans, alors que d’après le programme national sur le sida, il est actuellement d’environ 540 000.
« L’argument selon lequel le traitement du sida serait onéreux n’est plus convaincant, déclare Pedro Chequer, chef du programme des Nations unies contre le sida pour l’Amérique du Sud. Offrir un traitement est une question de moralité et d’éthique. »
Les responsables de la santé au Brésil relatent que le taux de mortalité lié au sida a été divisé par deux et que les hospitalisations pour infections et autres symptômes graves liés au sida ont été réduits de 80 % depuis le début de la campagne.
Brésil
Sources : San Francisco Chronicle, E.-U.
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
