Partage international no 268 – décembre 2010
par Dilma Rousseff
Brasilia, Brésil
Le Brésil a atteint, bien avant l’échéance des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) visant à réduire l’extrême pauvreté, l’un des huit objectifs adoptés en septembre 2000 par les 170 chefs d’Etat réunis lors d’un sommet des Nations unies à New York. La date butoir prévue dans l’accord était 2015. Au cours des huit dernières années, le Brésil a intensifié la mise en œuvre d’un ensemble de politiques publiques conçues pour éradiquer l’extrême pauvreté dans le pays, dans le cadre d’un plan plus vaste destiné à assurer à la fois le développement économique et l’inclusion sociale.
La croissance économique et la répartition des revenus sont de plus en plus interdépendants pour la première fois depuis des décennies dans notre pays de 192 millions d’habitants et aujourd’hui, grâce à ces politiques, 28 millions de personnes ont pu quitter les rangs de l’extrême pauvreté et, conjointement, 29 autres millions ont amélioré leur situation économique, réussissant ainsi à rejoindre la classe moyenne.
Cependant, il reste encore beaucoup à faire. Nous reconnaissons sans l’ombre d’un doute que l’accession au statut de nation développée exige l’élimination de l’extrême pauvreté, et l’accès pour tous les Brésiliens à des conditions de vie leur assurant à la fois dignité et citoyenneté.
Libérer le monde des fléaux historiques de la pauvreté et des inégalités requiert une coordination internationale des forces les plus favorables à un tel changement. C’est pourquoi nous sommes convaincus que les nouvelles relations politiques internationales établies par le Brésil ont contribué aux transformations sociales que le pays a connues ces dernières années. Aujourd’hui le Brésil est membre du G20, le club des pays les plus économiquement puissants du monde, créé en 1999 ; du groupe des pays BRIC, (Brésil, Russie, Inde et Chine) ; et du forum de dialogue IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud).
Notre engagement à œuvrer à l’éradication de l’extrême pauvreté demeurera une priorité majeure dans les années à venir. Une nouvelle géopolitique mondiale doit se concentrer sur les grands enjeux internationaux de notre époque : dont deux des plus fondamentaux sont l’abolition de la pauvreté et des inégalités, et l’élaboration d’un type de développement écologiquement durable.
Nous sommes également pleinement conscients du fait qu’il ne peut y avoir de paix sans développement économique et social. Le Brésil, en raison de ses récents succès et de la position qu’il occupe aujourd’hui dans le monde, sait qu’il a une énorme contribution à apporter à l’avenir de la planète, et ce sur de nombreux plans.
Brésil
Auteur : Dilma Rousseff, nouvelle présidente du Brésil
Sources : IPS
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : Point de vue ()
