Nourrir la planète

Partage international no 269février 2011

Bien que l’investissement international pour le développement de l’agriculture ait augmenté, sa part de l’aide mondiale au développement a chuté, passant de 16 % au milieu des années 1980 à 4 % aujourd’hui – loin d’être suffisant pour aider les 925 millions de personnes souffrant de malnutrition. De nombreuses promesses de fonds récentes n’ont pas encore été honorées et, en raison d’un ciblage inefficace, les fonds disponibles n’atteignent pas les pauvres fermiers africains.

Le rapport de janvier 2011 de l’Institut Worldwatch, Etat du monde en 2011 : les innovations qui nourrissent la planète, présente des centaines d’études de cas pour illustrer des stratégies réalisables et viables pour réduire la faim et la pauvreté.

Gambie : Les huîtres et les poissons sont une importante source de protéines bon marché, mais une surproduction à long terme a conduit à une dégradation de l’environnement. L’Association ramasseuses d’huîtres TRY, fondée en 2007 par 6 000 femmes gambiennes, est un projet viable en cogestion qui travaille avec le gouvernement afin d’empêcher l’exploitation et la surproduction, afin de promouvoir des méthodes moins destructrices, et pour étendre des facilités de crédit aux producteurs à faible revenu.

Kenya : A Kibera, Nairobi, dans les quartiers les plus pauvres, plus de 1 000 fermières citadines nourrissent leurs familles et les communautés avec des produits issus de jardins verticaux – des sacs de terre avec des trous sur les côtés pour les plantations. Ces jardins peuvent potentiellement nourrir des milliers de citadins, et sont une source de revenus fiables pour des fermiers urbains – un facteur crucial pour une sécurité alimentaire d’avenir. On prévoit que plus de 60 % de la population africaine sera citadine en 2050 ; avec 33 % vivant actuellement dans les villes, et 14 millions supplémentaires migrant annuellement dans les zones urbaines. A l’échelle mondiale, les 800 millions de fermiers citadins produisent 15 à 20 % du total de l’alimentation.

 Afrique du Sud et Kenya : Les spécialistes préservent des variétés de bétail indigènes capables de supporter une chaleur et une sècheresse locales extrêmes, mieux que les troupeaux plus « commerciaux ». Entre 15 et 25 millions d’Africains vivent de l’élevage et on s’attend à une aggravation des conditions climatiques.

Ouganda : Un programme scolaire appelé : Développer des innovations dans les potagers scolaires (DIPS) informe sur les jardins végétaux indigènes, la nutrition et la préparation de la nourriture. Il s’agit d’enseigner aux enfants comment planter des variétés de céréales locales qui aideront à combattre les famines et à revitaliser les traditions culinaires du pays. Environ 33 % des enfants africains sont dénutris ou mal nourris.

Des programmes comme DIPS font plus que simplement nourrir les enfants ; ils les inspirent et les éduquent en tant que futurs fermiers – un pas immense vers l’augmentation de la sécurité alimentaire.

Afrique sub-saharienne : Ici, les femmes forment au moins 75 % des travailleurs agricoles et 60 à 80 % de la main d’œuvre produisant la nourriture. Le Réseau d’analyses politiques pour l’alimentation, l’agriculture et les ressources naturelles travaille avec les fermières, les dirigeants des communautés et les décideurs politiques grâce à des jeux communautaires interactifs qui offrent l’opportunité de dialoguer ouvertement sur l’égalité des sexes, la sécurité alimentaire, la propriété des terres et l’accès aux ressources, et aide les femmes à exprimer leurs besoins aux instances locales de décisions.


Sources : CBC News
Thématiques : Société, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)