Le succès des campagnes contre la malaria

Partage international no 269février 2011

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le renforcement des campagnes anti-malaria entre 2008 et 2010 a permis de fournir suffisamment de moustiquaires traitées à l’insecticide pour protéger 578 millions de personnes en Afrique sub-saharienne. De plus, en 2009, le traitement des maisons par insecticides a également protégé 75 millions de personnes, soit 10 % de la population exposée à la malaria.

En Afrique, 11 pays ont vu les cas de malaria diminuer de plus de 50 % depuis dix ans, ainsi que le nombre de décès enregistrés. Pendant la même période, 32 des 56 pays non-africains où cette maladie est endémique ont obtenu sensiblement les mêmes résultats, et huit autres pays ont vu le nombre de cas baisser entre 25 et 50 %. En 2009, l’OMS, pour la première fois, n’a signalé en Europe aucun cas de la forme de malaria la plus courante, et sa directrice générale, le Dr Margaret Chan, a certifié que le Maroc et le Turkménistan avaient éradiqué la maladie.

Elle a également souligné les transformations en cours  : «  Les résultats contenus dans ce rapport sont les meilleurs depuis des décennies. Après tant d’années de stagnation ou de détérioration, les pays et leurs partenaires sont passés à l’offensive, et les stratégies actuelles sont efficaces. Comme l’indique clairement le rapport 2010 de l’OMS sur la malaria, l’accès aux dispositifs de prévention a été facilité de façon phénoménale, ce qui s’est directement traduit en vies sauvées, explique Ray Chambers, conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies pour la malaria. L’intensification des moyens mis en œuvre est une étape décisive dans le combat mené contre les menaces sanitaires liées à la misère. Si nous réussissons à maintenir cette progression, nous supprimerons peut-être d’ici à 2015 la mortalité due à la malaria. »

Cependant, parallèlement à ces progrès significatifs, des résurgences de cette maladie ont été observées dans les trois derniers pays africains (Ruanda, Sao Tomé et Principe, et Zambie). On ne connaît pas avec certitude les raisons de ces résurgences, mais elles illustrent la fragilité du contrôle de la malaria, ainsi que la nécessité de maintenir le nombre et l’importance des interventions, même si le nombre de cas a été substantiellement réduit.

Le rapport souligne que, parallèlement aux progrès réalisés, beaucoup reste à faire pour atteindre les objectifs internationaux.

– Les engagements financiers pris pour lutter contre la malaria se sont stabilisés en 2010 à 1,8 milliard de dollars, encore loin du montant nécessaire au contrôle total de la maladie (estimé à plus de 6 milliards de dollar pour 2010).

– En 2010, comparativement aux années précédentes, davantage de foyers africains (42 %) possédaient au moins une moustiquaire traitée à l’insecticide, et davantage d’enfants de moins de 5 ans (35 %) en utilisaient une, ce qui est loin de l’objectif des Nations unies (80 %), en partie parce que la possession de moustiquaires est restée faible dans certains des plus grands pays d’Afrique.

– Fin 2009, 11 pays africains étaient capables de traiter l’intégralité des cas de malaria recensés dans le système public de santé ; cinq autres pays africains pouvaient traiter 50 à 100 % des cas. C’est un progrès substantiel par rapport à 2005, quand seulement cinq pays étaient capables de traiter 50 % des patients du système public de santé.

Ce rapport met en évidence la nécessité de maintenir les progrès effectués depuis dix ans en matière de prévention, de contrôle et d’élimination de la malaria. Il est indispensable que la communauté internationale assure un financement suffisant et prévisible afin d’atteindre d’ici à 2015 les objectifs ambitieux de contrôle de cette maladie inscrits dans les Objectifs de développement du millénaire en matière de santé.


Sources : OMS
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)