L’Amérique latine s’engage dans le soutien aux personnes déplacées

Partage international no 269février 2011

Lors d’une rencontre qui s’est tenue à Brasilia en novembre 2010, dix-huit nations latino-américaines se sont engagées à faire davantage pour la protection des réfugiés apatrides dans la région. La déclaration de Brasilia pour la protection des réfugiés apatrides dans les Amériques inclut le «  non refoulement » (pas de retour forcé), le non rejet aux frontières, et la non pénalisation pour entrée illégale. Elle préconise la prise en compte de considérations de sexe, âge et diversité, dans les lois nationales sur les réfugiés.

António Guterres, haut commissionnaire aux Réfugiés à l’Organisation des Nations unies, a déclaré : «  C’est un point décisif qui constituera, je l’espère, une meilleure protection pour les réfugiés et autres personnes déplacées en Amérique, mais accélérera aussi les efforts mondiaux pour améliorer la situation des personnes déplacées et mettra fin au drame de l’apatridie. »

Lors de cette rencontre, M. Luiz Paulo Barreto, ministre brésilien de la Justice et M. Volker Türk, directeur à la Protection internationale de l’Agence des Nations unies pour les Réfugiés (UNHCR), ont lancé une campagne d’information : Mettons-nous dans les chaussures des réfugiés, et faisons un premier pas pour comprendre leur situation. En soutien à cette campagne, des célébrités ont chaussé des chaussures données aux personnes déplacées. Un grand photomontage montre ces chaussures. Une réfugiée de onze ans, Francesca, a décrit l’angoisse de ses parents quand ils ont fui leur maison. Des années plus tard, ils y sont retournés, pour la trouver en ruines, et leurs champs envahis par les mauvaises herbes.

M. Türk a exposé les problèmes de l’urbanisation, de la violence liée aux gangs, du mouvement mixte de populations – migrants économiques et réfugiés – des populations déplacées à l’intérieur d’un territoire et de l’apatridie.

Dans la seule zone d’Antioquia, en Colombie, 750 000 personnes soumises à un déplacement forcé reçoivent le soutien de l’UNHCR, laquelle fournit également des abris aux populations indigènes. La Colombie, l’un des pays le plus affecté par ce problème, a souffert de quarante ans de conflit entre les forces gouvernementales, les rebelles armés, les trafiquants de cocaïne, et les milices paramilitaires, qui s’est traduit par 3 millions de Colombiens obligés de quitter leur domicile, et des dizaines de milliers de personnes tuées depuis les années 1990.

La Déclaration de Brasilia réaffirme les engagements pris lors de précédentes conventions des Nations unies sur les réfugiés et les apatrides, mais elle fait face à de nouvelles situations de déplacement. L’UNHCR, qui a célébré son 60anniversaire, commémorera en 2011 le 50e anniversaire de la Conférence des Nations unies de 1961 sur la Réduction de l’apatridie, qui incitait davantage de pays à adhérer à ces conventions et à réduire le nombre des populations apatrides, estimées à environ 12 millions.

Lieu : Brésilia, Brésil
Sources : unhcr.org ; trust.org/alertnet ; elsalvador.org/Embajadas
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)