Partage international no 257 – février 2010
Un mois après son départ du Royaume-Uni, un convoi d’aide humanitaire a finalement traversé la frontière égyptienne à Rafah, pour parvenir à la ville de Gaza le 6 janvier 2010. C’est le troisième convoi de ce type organisé par l’organisation humanitaire Viva Palestina, basée en Grande-Bretagne. Ce convoi international de près de 200 véhicules transportait une grande quantité de produits de première nécessité – nourriture, fournitures médicales et scolaires – pour la population victime de l’attaque israélienne destructrice de janvier 2009 et de l’actuel blocus du territoire.
La Bande de Gaza est en situation de siège virtuel depuis la prise de pouvoir du Hamas en 2007. Israël et l’Egypte empêchent tous les produits, à l’exception des produits vraiment de base, de pénétrer sur le territoire.
Les Malaisiens ont fait don de quatre camions d’aide humanitaire et d’une ambulance d’une valeur de 100 000 £ à l’hôpital Elwafa de Gaza. Le Dr Khamis Elessi, directeur des Services de rééducation de cet hôpital, a vivement remercié les Malaisiens : « Les Palestiniens de Gaza ont besoin de milliers de tonnes d’aide médicale. Ce genre de dons aidera de nombreuses personnes à recouvrer la santé et améliorera leur vie pendant cette horrible période de misère ! »
Ce troisième convoi a démarré son voyage en Angleterre le 6 décembre 2009 avec 60 véhicules, des ambulances et des camions chargés de colis d’aide humanitaire. Il a traversé l’Europe par un temps hivernal et a rejoint un contingent turc de 70 véhicules, composé de bénévoles turcs, malaisiens et d’autres nationalités, portant le total à 450 bénévoles et 198 véhicules. L’organisme humanitaire turc IHH était accompagné par une délégation de cinq parlementaires dont Muran Margan, président du comité aux Affaires étrangères du Parlement turc.
Il y eut un différent avec les autorités égyptiennes, qui interdirent au convoi d’accéder au Sinaï égyptien en traversant la Mer Rouge par ferry en provenance de Jordanie. Cela l’obligea à remonter vers le nord jusqu’au port syrien de Latakia, et à gagner ensuite en bateau le port égyptien d’El Arish en Méditerranée. Cela retarda le convoi d’une semaine et engendra un surcoût de 300 000 $, pris en charge par des organisations humanitaires turques et des donateurs des pays du Golfe. Le passage des frontières à El Arish et à Rafah a fait l’objet de divers autres problèmes, et 59 véhicules se virent refuser l’accès à la bande de Gaza, provoquant des actes de violence entre les forces de sécurité égyptiennes, les Palestiniens et certains membres du convoi.
Le parlementaire britannique, George Galloway, initiateur et directeur du convoi, a déclaré que cette mission représentait « une goutte d’eau dans l’océan » tant que le siège de Gaza se poursuivrait. « Ce ne sont pas des convois de ce type, même en grand nombre, qui peuvent résoudre de tels problèmes, a-t-ildéclaré au micro d’Al Jazeera. Aussi, ne cherchons-nous pas à apporter une aide qui serait véritablement efficace, mais à attirer l’attention mondiale sur le fait qu’ici, les gens sont assiégés ! »
Sources : Al Jazeera ; Viva Palestina
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
