Partage international no 249 – mai 2009
Pendant que de nombreux travailleurs dans les pays riches craignent de perdre leurs bonus ou leur emploi, des millions de gens dans les pays les plus pauvres vont se coucher le ventre vide.
La crise économique signifie davantage de faim pour ceux qui sont déjà sous-alimentés ou qui ont faim. D’après Olivier Schutter, rapporteur spécial de l’Onu, toutes les six secondes un enfant meurt de malnutrition. Cet expert de l’Onu pour la sécurité alimentaire a déclaré lors d’une récente réunion de l’Onu qu’environ un milliard de personnes dans le monde sont au bord de la famine. « La crise alimentaire mondiale est loin de diminuer. Bien au contraire, la volatilité des prix et les changements climatiques vont inévitablement aggraver la situation en 2009, et ce sont les pauvres qui seront les plus durement touchés. »
Le prix des denrées alimentaires reste plus élevé qu’avant la crise alimentaire de 2008. De nombreux pays arrivent au bout des réserves dont ils ont besoin pour acheter de la nourriture, avec pour conséquence que le nombre de victimes de la pénurie augmente. Au début de cette année, le Kenya a déclaré l’état d’urgence avec quelque 10 millions de personnes en danger à cause de la faim.
Pendant ce temps, plusieurs pays riches ne tiennent pas leurs promesses d’aide. A ce jour, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture n’a reçu que 10 % de l’aide promise mi-2008.
La réduction de la production, et la croissance de la population et de la demande pourraient entraîner une nouvelle hausse des prix de l’alimentation. Paul Krugman, prix Nobel d’économie en 2008, a annoncé en mars que l’augmentation du prix des denrées alimentaires n’était pas une fausse alerte due à la spéculation. L’année dernière, des violences ont éclaté dans plus de 30 pays, depuis les Caraïbes jusque dans le sud du Sahara, en raison de l’augmentation du prix de la nourriture. Les problèmes liés à l’alimentation pourraient finir par mettre en péril la sécurité et la stabilité mondiales.
Miguel d’Escoto, président de l’Assemblée générale de l’Onu, a lancé un appel en faveur d’une « nouvelle politique alimentaire », car les méthodes actuelles de production alimentaire industrielle « ne sont plus supportables ». M. d’Escoto recommande un système alimentaire orienté vers les populations au niveau local, régional et international afin de remplacer la « domination des multinationales de l’industrie alimentaire ». Il a aussi recommandé une réévaluation des modes de production et du commerce, afin qu’ils soient mis au service du développement, du droit à la nourriture et de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs agricoles.
Sources : The Shanghai Daily, Chine
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! »
Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)
