Partage international no 245 – février 2009
Considérant les reportages exagérément pro-israéliens et la sous-représentation de l’aspect palestinien de l’histoire dans les médias du monde, l’activiste Uri Avnery présente la dichotomie existant entre l’analyse officielle des attaques continues sur Gaza et la situation sur le terrain.
Dans une critique cinglante des activités de son pays, cet ancien membre de la Knesset écrit : « L’analyse rationnelle du gouvernement israélien (l’Etat doit défendre ses citoyens contre les roquettes Qassam) a été acceptée comme une vérité absolue. Le point de vue de la partie adverse, selon laquelle les Qassam sont des représailles contre le siège qui affame un million et demi d’habitants de la Bande de Gaza, n’a jamais été mentionné. »
Uri Avnery, cet activiste de 85 ans, analyse les justifications israéliennes de l’utilisation massive d’armes mortelles : « Dans l’imagination des responsables, le Hamas est un envahisseur qui a pris le contrôle d’un pays étranger. La réalité est, bien sûr, entièrement différente. Le mouvement du Hamas a obtenu la majorité lors d’élections parfaitement démocratiques qui se sont déroulées en Cisjordanie, à Jérusalem Est et dans la Bande de Gaza.
Le Hamas a gagné car les Palestiniens étaient arrivés à la conclusion que l’approche pacifique du Fatah n’avait permis d’obtenir d’Israël ni un arrêt des implantations, ni une libération des prisonniers, ni aucune mesure significative pouvant conduire à un arrêt de l’occupation et à la création d’un Etat palestinien. »
Affirmant que le fossé entre les forces armées se creuse à l’infini dans cette guerre de propagande, U. Avnery donne l’exemple des bombardements de l’école des Nations unies du camp de réfugiés de Jabaliya, abondamment commenté dans la presse. Aussitôt après, l’armée israélienne avait justifié son attaque en affirmant que le Hamas avaient tiré des roquettes depuis cette école, alors que les preuves photographiques dataient de plus d’un an. Par la suite, l’armée a affirmé que des soldats israéliens avaient été « pris pour cible » depuis l’intérieur de l’école. Mais dès le lendemain, elle admettait au personnel de l’Onu qu’aucun combattant du Hamas ne se trouvait dans l’école.
En outre, U. Avnery explique que du point de vue palestinien, « les combattants du Hamas ne sont pas des étrangers, mais les fils de chaque famille de la Bande et des autres régions palestiniennes. Ils ne se « cachent pas derrière la population », celle-ci les considère comme ses seuls défenseurs. Le Hamas est profondément ancré dans la population – pas seulement comme un mouvement de résistance luttant contre l’occupant étranger, comme l’Irgun (sioniste) et le Groupe Stern par le passé – mais aussi en tant que corps politique et religieux qui assure des services sociaux, éducatifs et médicaux. La non compréhension de la nature du Hamas empêche toute compréhension des résultats prévisible de la guerre. Non seulement Israël est incapable de la gagner, mais le Hamas ne peut pas la perdre. Même si l’armée israélienne parvenait à tuer tous les combattants du Hamas jusqu’au dernier, le Hamas gagnerait tout de même. Les combattants du Hamas seraient perçus comme des parangons de la nation arabe, des héros du peuple palestinien, des modèles pour tous les jeunes du monde arabe… Si la guerre cesse alors que le Hamas est toujours debout, blessé mais invaincu, ce sera comme une fantastique victoire sur la puissante machine militaire israélienne, une victoire de l’esprit sur la matière. »
Quant au plan d’attaque contre Gaza du ministre de la Défense Ehud Barak, que U. Avnery accuse d’être atteint de « démence morale », il écrit : « Le problème, c’est que la propagande est très convaincante pour le propagandiste lui-même. Et après vous être convaincu vous-même qu’un mensonge est la vérité et qu’une falsification est la réalité, vous n’êtes plus en mesure de prendre des décisions rationnelles. Cette guerre est aussi un crime contre nous-mêmes, un crime contre l’Etat d’Israël. »
Sources : www.gush-shalom.org
Thématiques : politique
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! »
Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)
