Les OMD ont besoin de fonds

Partage international no 242octobre 2008

Selon un récent rapport du secrétaire général des Nations unies, 72 milliards de dollars supplémentaires par an seraient requis pour réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Les OMD comportent huit objectifs fixés en septembre 2000, par les dirigeants des Etats du monde, pour réduire l’extrême pauvreté, la faim et la maladie dans le monde entier, d’ici 2015. Bien qu’on enregistre des cas de progrès spectaculaires – tels que la réduction de 91 % de la rougeole en Afrique, dans l’ensemble, les progrès sont trop lents, surtout en Afrique, selon l’économiste Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies sur la question des OMD. Les investissements publics dans les secteurs-clés de l’agriculture, de la santé, de l’éducation et de l’équipement n’ont pas encore été réalisés, déclare J. Sachs. Le Groupe d’organisation pour l’Afrique, dirigé par M. Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies, a récemment élaboré une étude identifiant « des investissements publics hautement prioritaires » à mettre en place dès maintenant et d’ici 2015 pour réaliser les objectifs. J. Sachs remarque : « Pour chaque secteur d’investissement, des stratégies pratiques sont disponibles pour une mise en œuvre immédiate… Ce qui manque n’est ni la technologie, ni la volonté, ni les plans, ni les méthodes de mise en œuvre, ni même les moyens de contrôler la corruption dans la livraison des aides, mais plutôt les apports financiers de la part des pays donateurs. »

Le rapport du secrétaire général indique un besoin de 72 milliards de dollars de plus par an. J. Sachs ajoute : « C’est de l’arithmétique de base. Le revenu combiné des pays donateurs, Europe, Etats-Unis, Canada, Japon, tourne autour de 37 000 milliards de dollars par an. Les 72 milliards supplémentaires requis ne représentent en fait que 0,2 % des produits nationaux bruts (PNB) des pays donateurs. Or, ceux-ci promettent depuis longtemps de faire passer leur aide, actuellement de 0,28 % de leur PNB à 0,7 %, les 0,2 % dont il s’agit ici cadrent bien avec ce projet d’augmentation. C’est le simple fait que les pays donateurs ne tiennent pas leur promesse d’augmenter le niveau de leurs dons qui représente à ce stade le frein principal à la réalisation des OMD en Afrique. »

Les Etats-Unis devraient tenir leur promesse d’accroître leur aide pour atteindre 0,5 % du PNB d’ici 2012, et 0,7 % en 2015, fraction du budget militaire américain qui représente 4,5 % du PNB, suggère J. Sachs. De tels investissements dans l’agriculture, la santé, l’éducation et l’équipement représenteraient une avancée spectaculaire vers la réalisation des OMD, et « permettraient d’éviter des opérations militaires de grande envergure, beaucoup plus onéreuses et beaucoup moins efficaces dans des régions appauvries et instables. »


Sources : Scientific American Magazine
Thématiques : politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)