Partage international no 239 – juillet 2008
L’Espagne, le Portugal, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et la Grande-Bretagne figurent parmi les pays les plus affectés par la montée des prix du carburant, et au même moment en Asie, la Malaisie, les Philippines, l’Inde, la Corée du Sud, le Népal et la Thaïlande sont le théâtre de grèves et protestations similaires. Partout en Europe, des travailleurs organisent des débrayages, des opérations escargots, des grèves perlées et des manifestations pour protester contre le prix du carburant.
Les pêcheurs espagnols, italiens et français, les chauffeurs routiers belges et néerlandais ainsi que les agriculteurs à travers l’Europe ont manifesté ces dernières semaines pour exiger des gouvernements une aide pour compenser le coût élevé du carburant qui, disent-ils, menace leur subsistance.
En mai, des milliers de pécheurs espagnols ont investi les rues de Madrid et appelé à des mesures urgentes pour contrer l’envolée du prix du baril. L’industrie de la pêche représentant encore un élément important de l’économie espagnole, les manifestants dénoncent l’augmentation de 320 % du prix du gazole ces cinq dernières années, tandis que le prix du poisson demeure le même depuis vingt ans. Dans une lettre adressée au gouvernement, les marins-pêcheurs précisent que le carburant représente entre 50 et 60 % de leurs coûts d’exploitation et que cet état de fait porte sérieusement atteinte à leur emploi et à l’industrie halieutique espagnole.
« Le poisson en lui-même n’est pas cher, affirme un pêcheur du Ghana travaillant sur la côte nord de l’Espagne, mais les gouvernements abusent du prix des matières premières. Je suis entièrement d’accord avec Nicolas Sarkozy, quand il propose de supprimer les taxes sur tous les carburants. » Des pêcheurs en colère ont manifesté devant le siège de l’Union européenne à Bruxelles. Ils réclament que le prix du gazole maritime soit réduit de 50 %, alors qu’il a doublé ces dernières semaines. On pouvait lire sur certaines de leurs banderoles : « Bruxelles, tu nous tues ! »
La frustration gagne rapidement d’autres secteurs, en particulier les transports et l’agriculture, également lourdement touchés par l’augmentation des prix. La montée des prix de l’alimentaire est à la base de la détresse financière des citoyens européens les plus pauvres. Cette question figurait en tête de l’agenda du Conseil européen du 19 juin 2008 à Bruxelles. Cependant, l’Union européenne a les mains liées car les prix des matières premières sont surtout entraînés par l’accroissement de la demande et la spéculation hors de ses frontières.
Sources : El Mundo, Espagne
Thématiques : politique
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
