La loterie de la vie et de la mort

Partage international no 236avril 2008

Un nouveau rapport de l’organisation Save the Children (Sauvez les enfants) conclut que richesse et mortalité des enfants ne sont pas nécessairement liées. Le rapport présente un indice de richesse et de survie qui compare la mortalité infantile au revenu national par tête, dans le monde à faible et à moyen revenu. Il permet d’estimer combien de vies d’enfants les pays les moins performants pourraient sauver, étant donné de leur richesse nationale.

« La chance d’un enfant d’atteindre sa cinquième année dépend du pays ou de la communauté où il est né, déclare David Mepham, responsable de Save the Children. Ceci fait penser à une loterie, à quelque chose échappant à tout contrôle humain, mais évidemment cela ne devrait pas être le cas. Alors que la pauvreté et les inégalités sont des causes sous-jacentes de la mortalité infantile, tous les pays, même les plus pauvres, peuvent réduire la mortalité infantile s’ils poursuivent la bonne politique et mettent l’accent sur les familles les plus pauvres. De bonnes décisions au niveau des gouvernements sauvent des vies d’enfants, mais les mauvaises décisions agissent comme une condamnation à mort. »

Selon le rapport, le cas du Bangladesh est une réussite. En 1998, le gouvernement a mis l’accent sur une initiative nationale visant à réduire les maladies infantiles ainsi que le taux de fécondité. Dix ans plus tard, cette décision a porté ses fruits. Le Bangladesh, en dépit de son faible PNB, est l’un des rares pays en voie de respecter les objectifs du millénaire en matière de survie des enfants : à savoir, réduire le nombre d’enfants qui meurent avant leur cinquième anniversaire de deux tiers d’ici à 2015.

L’Angola, riche en pétrole, est au bas de la liste pour n’avoir pas converti son revenu relativement élevé en une véritable différence dans le nombre de décès d’enfants. Avec près de trois fois le revenu de la Sierra Leone (2e pays sur la liste), les données les plus récentes pour l’Angola montrent qu’il a un taux de mortalité qui n’est que très légèrement en dessous de celui de la Sierra Leone. Save the Children estime que le taux de mortalité infantile de l’Angola, qui est de 260 pour 1 000, est supérieur de 162 pour 1 000 à ce que le pays pourrait faire sur la base de son économie.

L’Afrique subsaharienne abrite 19 des pays qui ont les plus mauvais résultats. Le rapport montre que, en tant que dirigeants d’un continent où la croissance économique est près de trois fois celle de la moyenne mondiale, les gouvernements africains devraient s’inspirer davantage de pays qui progressent, comme le Malawi et la Tanzanie.

Le rapport de Save the Children montre que certains pays font mieux pour traduire leur croissance économique en vies d’enfants sauvées. Par exemple, entre 2000 et 2006, le PNB par habitant du Bangladesh a augmenté de 23 %, et son taux de mortalité infantile a chuté de 25 %, alors que le PNB par habitant de l’Inde a augmenté de 82 %, mais son taux de mortalité infantile a diminué de 19 % seulement.

La publication du rapport a coïncidé avec le lancement de la campagne destinée à remettre sur rails les objectifs du millénaire en faveur de la survie des enfants. « Nous voulons que 10 millions de personnes passent à l’action d’ici 2010 en faveur des 10 millions d’enfants qui meurent chaque année », explique le groupe.

Save the Children demande aux gouvernements des pays en développement et aux donateurs internationaux :

– d’investir dans les soins de santé gratuits, l’eau potable, l’épuration des eaux, le soutien à l’éducation des femmes et les actions contre la pauvreté ;

– de convoquer un sommet mondial sur la famine chez les enfants et les mères afin de réunir des gouvernements, des institutions internationales, le secteur privé et la société civile pour une action concertée ;

– de s’accorder sur des objectifs précis axés sur l’impact de leur politique sur la santé maternelle et infantile et la nutrition ;

– de s’attaquer aux disparités en incluant dans les objectifs du millénaire l’objectif de réduire de moitié l’écart de mortalité infantile entre les 20 % des pays les plus riches et les 20 % des pays les plus pauvres.


Thématiques : politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)