Partage international no 236 – avril 2008
D’après un récent article du New York Times, la croissance de la consommation et de la production industrielle de viande dans le monde pose de sérieux problèmes environnementaux, notamment en rapport avec le changement climatique.
« La demande mondiale de viande s’est accrue ces dernières années, encouragée par une population qui augmente et alimentée par la prolifération d’immenses élevages intensifs, précise l’article. Ces usines à viande utilisent d’énormes quantités d’énergie, polluent les réserves d’eau, produisent des quantités considérables de gaz à effet de serre et consomment des volumes toujours plus importants de blé, de soja et autres céréales. Cette situation a conduit à la destruction de vastes étendues de forêts tropicales dans le monde. »
En 1961, la consommation de viande atteignait 71 millions de tonnes. Elle a quadruplé en 2007. Et il est prévu qu’elle double encore d’ici 2050. La production de tels volumes de viande exige l’utilisation d’énormes ressources. Trente pour cent des terres libres de glace sont directement ou indirectement impliquées dans la production de bétail, selon la FAO, qui estime en outre que la production de bétail provoque environ un cinquième du total mondial des gaz à effet de serre, soit davantage que les transports.
L’Américain moyen consomme environ 220 g de viande par jour, soit le double de la moyenne mondiale. Selon une récente étude américaine, si chaque Américain réduisait sa consommation de viande de 20 %, il réduirait ses émissions de dioxyde de carbone d’une tonne par an, l’équivalent de la différence entre ce que consomme une voiture standard et une voiture hybride pendant cette même période. Une étude japonaise a estimé que la production d’un kilo de bœuf provoque une émission de dioxyde de carbone de l’ordre de celle d’une voiture européenne moyenne roulant 200 km, et consomme autant d’énergie qu’une ampoule de 100 Watt brûlant pendant près de trois semaines.
La demande croissante de viande a également des conséquences délétères pour les populations pauvres et affamées du monde. « Bien que quelque 800 millions de personnes sur cette planète souffrent aujourd’hui de faim et de malnutrition, la majorité des céréales et du soja cultivés dans le monde sert à nourrir le bétail, les porcs et les poulets, explique l’article. Et cela en dépit du fait qu’il faut entre deux et cinq fois plus de céréales pour produire la même quantité de calories carnées, selon Rosamond Naylor, professeur d’économie à l’Université Stanford (E.-U.), et cela atteint dix fois pour un bœuf nourri au grain aux Etats-Unis. »
Les conséquences environnementales de la culture de grandes quantités de céréales destinées au bétail sont considérables. Ainsi, l’agriculture américaine, dont une grande partie est directement ou indirectement liée à la production de viande, est responsable de 75 % de tous les problèmes liés à la qualité de l’eau dans ce pays, selon l’Agence américaine de protection de l’environnement.
Que faire pour remédier aux nombreux problèmes liés à la production de viande ?
Eliminer les subventions pourrait améliorer la situation. L’Onu estime que les subventions représentent au moins le tiers de l’ensemble des revenus agricoles. Modifier les pratiques d’élevage pourrait également réduire significativement l’impact environnemental de la production carnée.
L’emploi des déjections animales pour produire de l’électricité est une technique utilisée à titre expérimental dans plusieurs pays. Une autre suggestion consisterait à remettre le bétail aux prés au lieu de l’alimenter en confinement.
« Le meilleur espoir de changement serait sans doute que les consommateurs prennent conscience de ce que coûte réellement la production industrielle de viande », déclare l’article du New York Times. D’après le professeur Gidon Eshel, géophysicien au Bard Center à New York : « Quand vous pensez aux problèmes environnementaux aux Etats-Unis, presque tous ont leur source dans la production alimentaire et plus particulièrement dans la production de viande. L’agriculture n’est « optimale » que pour autant que l’on puisse impunément polluer l’eau. Si le fait de décharger ses déchets devenait payant – même si cela ne représentait qu’une dépense minime – toute la structure de la production alimentaire changerait du tout au tout. »
L’article conclut sur une note un peu plus optimiste en disant que les Américains ont déjà commencé à acheter de la viande, des œufs et des produits laitiers issus d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Et cette tendance va probablement s’étendre au monde entier. « Le bien-être animal n’est pas encore une préoccupation majeure, mais à mesure que l’horreur des élevages intensifs sera connue, davantage d’amis des animaux vont se mettre à réagir. Le monde ne serait-il pas un endroit plus agréable à vivre si une partie des céréales utilisées pour produire de la viande était destinée à nourrir nos frères humains ? »
Sources : The New York Times, E.-U.
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
