Partage international no 226 – juin 2007
Elly Elikunda Mtango, ambassadeur de Tanzanie au Japon, a récemment lancé un appel aux pays riches et industrialisés en leur demandant de traiter les autres nations de manière plus équitable. Dans un article paru dans le journal japonais Nikkei Weelky, l’ambassadeur a énuméré les nombreux défis auxquels doivent faire face les pays en voie de développement.
D’après lui, une de leurs difficultés principales « résulte de la mondialisation qui a créé de grandes richesses mais dont la redistribution se fait en faveur d’une minorité de personnes dans quelques pays. Ce déséquilibre important représente une menace pour la démocratie. Lorsque la richesse est concentrée dans quelques mains, elle est utilisée pour renforcer des positions privilégiées. Ceux qui gèrent le pouvoir économique veulent de plus en plus influencer les décisions politiques. Les déséquilibres dans le domaine de la distribution de la richesse renforcent les inégalités : l’éducation de qualité, les soins de santé et des opportunités de travailler sont alors réservés à ceux qui peuvent en payer le prix. La richesse dépend aussi de la capacité de négociation au sein d’instances telles que l’Organisation mondiale du commerce ; ce qui signifie que les pauvres récoltent peu d’avantages des règles du commerce international ».
Des expressions répétées constamment telles que « les mêmes règles pour tous » ou « les mêmes opportunités pour chacun » n’ont aucun sens dans le contexte des règles de commerce actuelles qui sont profondément injustes ; de même, de nombreuses barrières à l’importation empêchent les produits venant d’Afrique de pénétrer les marchés des pays développés. Le système actuel met en compétition des économies fragilisées contre des multinationales qui ne cessent de croître en taille et en puissance suite aux fusions incessantes entre groupes dont la technologie, l’influence et le pouvoir financier sont bien plus importants que le PNB de pays tels que la Tanzanie. Tant que le système économique mondial ne prend pas en considération les situations profondément inégales des différents pays, les déséquilibres aboutiront à la marginalisation de l’Afrique.
L’ambassadeur lance également un appel en faveur de l’allègement de la dette des pays en développement, pour plus d’investissements en Afrique, pour plus de programmes d’éducation et de formation et davantage d’aide dans le combat contre les maladies infectieuses. Dans son article provocateur, l’ambassadeur cite Albert Einstein qui écrivit que bien que l’humanité fasse partie d’un tout appelé univers, nous sommes tentés de nous considérer comme séparé du reste ; Einstein nous encourage à nous associer à toutes les créatures vivantes.
E. E. Mtango conclut : « La plus grande menace pour la prospérité, la sécurité et la stabilité mondiale, c’est le sentiment de désespérance et d’impuissance d’une grande partie de nos frères – près de quatre milliards de pauvres dans le monde. L’Afrique est encore à l’heure actuelle, le continent où 46 % de la population survit avec moins d’un dollar par jour. »
Sources : Weekly, Japon
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
