Face aux transnationales, la résistance s’organise

Partage international no 224avril 2007

Nimbyism, le sigle qui veut dire « pas dans mon arrière-cour », lorsqu’il est appliqué aux grandes compagnies minières, aux industries lourdes etc., signifie habituellement « propre chez nous, mais sale chez les autres ».

Les personnes vivant dans les régions riches en ressources naturelles comme le charbon, le pétrole, l’or, les diamants, savent de première main que les promesses faites par les sociétés transnationales – ne pas détruire l’environnement, apporter seulement des bénéfices à la communauté locale – ne sont pas seulement vides, elles sont très souvent fausses. Si vous habitez en aval de la troisième plus grande usine minière du monde, la Canada’s Goldcorp Inc., vous êtes à même d’avoir dans les veines du sang chargé de plomb et d’arsenic à des taux plus élevés que le maximum autorisé par les normes internationales.

C’est le cas de ces villageois honduriens qui habitent près de la mine San Martin, à San Ignacio, municipalité située au centre de la Vallée Siria. Un mouvement de protestation local et international, entrepris en 1999 lorsque la mine ouvrit, s’amplifie, appuyée par les récentes études montrant de l’arsenic dans le sang (ce qui peut causer de sérieux problèmes gastro-intestinaux, cardiovasculaires et au système nerveux), commissionnées par des groupes de défense de l’environnement, comme le Comité pour l’environnement de la Vallée Siria. Ces recherches ont été menée par l’activiste italien Flaviano Bianchini, qui a également conduit des études de ce type dans plusieurs autres pays d’Amérique centrale. « Presque 60 % des sociétés d’exploitations minières au monde sont canadiennes. Elles génèrent plus de 40 billions de dollars annuels, représentant environ 4 % du produit intérieur brut canadien. »

Peu de Canadiens sont informés des projets miniers en Amérique du Sud ou ailleurs, en raison d’une absence de couverture médiatique, et ils « sont choqués lorsqu’ils découvrent ce que certaines sociétés canadiennes manigancent », rapporte Karyn Keenan, responsable du programme Initiative Halifax, une ONG des droits de l’homme et des droits de l’environnement canadiens. Ceux qui vivent près des mines ou en aval se plaignent de problèmes de santé croissants et d’un approvisionnement en eau infecte.

L’un des principaux problèmes est que les mines utilisent un éventail de produits chimiques qui posent un sérieux danger pour la santé. Le cyanure utilisé dans les mines est un poison dangereux et bien qu’il soit stocké avec soin, des experts pour l’environnement expliquent que ce stockage nécessite une énorme quantité d’eau fraîche et crée des dérivés toxiques – métaux lourds comme le mercure et l’arsenic. Cela peut conduire à la contamination des sources d’eau.

Les habitants de la Vallée Siria se plaignent aussi de pénuries d’eau résultant des actions de Glamis, une grande société minière canadienne qui a extrait environ 15 000 kg d’or de la mine San Martin depuis 2001, pour une valeur approximative de 412 millions de dollars.

Fin 2006, les Latino américains affectés par les mines ont assisté à différentes réunions publiques sur les mines canadiennes, dans les secteurs du pétrole et du gaz, et réclament une plus grande responsabilité sociale.

Le mouvement populaire contre l’impact de la pollution de l’industrie minière retient de plus en plus l’attention des médias, et le gouvernement canadien sera bientôt interpellé par un rapport officiel afin de régulariser les opérations à l’étranger.

Ces actions mettent en contact direct les représentants des mines et du gouvernement avec les résidents, pour la première fois. Ce rapport est « sans précédent dans l’histoire canadienne », explique K. Keenan, car il représente un consensus entre les ONG, l’industrie minière et les représentants du gouvernement.


Sources : Tierramérica news service
Thématiques : politique
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)