La croissance de l’économie masque une crise sous-jacente.

Partage international no 217septembre 2006

D’après le Rapport sur les Signes vitaux 2006-2007 du Worldwatch Institute, les indicateurs économiques sont en hausse : en 2005, la production d’acier et d’aluminium a été plus forte que jamais, la fabrication de véhicules à moteur a atteint le record de 45,6 millions d’unités, et la production mondiale brute 59 600 milliards de dollars. Le nombre d’utilisateurs d’Internet dans le monde a atteint un milliard en 2005, et les ventes de téléphones cellulaires sont estimées à 816 millions.

Cependant, alors que ces tendances indiquent des niveaux jamais atteints de commerce et de consommation, elles sont contrebalancées par le déclin écologique, dans un monde lourdement dominé par les combustibles fossiles.

En 2005, la concentration moyenne de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a augmenté de 0,6 % par rapport à 2004, ce qui représente la plus forte hausse annuelle jamais enregistrée. La température globale moyenne a atteint 14,6 degrés Celsius, faisant de 2005 l’année la plus chaude jamais enregistrée à la surface de la terre.

A la fin de 2005, par rapport à la situation d’il y a 25 ans, environ 20 % des récifs de corail avaient été détruits, tout comme 20 % des forêts de mangroves. Récifs coralliens et mangroves constituent pourtant une barrière contre les désastres climatiques, lesquels ont coûté 204 milliards de dollars en 2005, dont 125 milliards rien que pour l’ouragan Katrina qui a frappé la côte est des Etats-Unis.

Les données publiées dans Signes vitaux 2006-2007 reposent sur l’Evaluation des écosystèmes du millénaire, réalisée par les Nations unies en 2005, qui note que la dégradation des systèmes naturels est provoquée par les activités humaines. Ainsi, la déforestation compte pour 25 % dans les émissions de carbone dues aux activités humaines ; et près de 1 % des régions boisées du monde ont été détruites entre 2000 et 2005 (les plus grosses pertes étant en Afrique et en Amérique latine : respectivement 3,2 et 2,5 %).

Le déclin des écosystèmes affecte les éléments vitaux qu’ils nous procurent, notamment les apports en eau et en nourriture, la régulation climatique et la qualité de l’air. Ce déclin accroît en outre le risque de changements brutaux et potentiellement irréversibles : perturbations climatiques régionales, émergence de maladies nouvelles, formation de « zones mortes » dues au manque d’oxygène dans les eaux côtières.

« Comme toujours, le business détériore les écosystèmes et porte atteinte aux populations, affirme Erik Assadourian, directeur du projet Signes vitaux 2006-2007. Si tout le monde consommait autant que dans les pays à haut revenu, la planète ne pourrait subvenir qu’aux besoins de 1,8 milliard d’individus et non à ceux des 6,5 milliards actuels. La population mondiale ne va pas diminuer, mais atteindre 8,9 milliards d’ici 2050. »

Près de 80 % de l’énergie mondiale provient du pétrole, du charbon ou du gaz naturel, des carburants fossiles qui contribuent aux émissions de gaz à effet de serre, ce qui accélère le réchauffement climatique. La combustion de carburants fossiles n’a cessé d’augmenter malgré la hausse des prix au cours des deux dernières années : en 2004, la consommation de charbon a fait un bond de 6,3 % et celle de gaz naturel s’est accrue de 3,3 % ; en 2005, la consommation de pétrole a augmenté de 1,3 %.

Cette croissance a cependant été limitée grâce aux énergies renouvelables : la capacité des éoliennes a fait un bond de 24 % en 2005, la production solaire photovoltaïque a augmenté de 45 %, et la production de carburants biologiques de 20 %. « Cette évolution pourrait entraîner dans les cinq prochaines années des changements considérables sur le marché mondial de l’énergie, affirme Christopher Flavin, président du Worldwatch Institute. Mais la transition va devoir s’accélérer si l’on veut éviter les crises écologiques et économiques provoquées par une dépendance constante des carburants fossiles. »


Sources : Worldwatch Institute
Thématiques : environnement, politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)