Partage international no 215 – juillet 2006
Plus de dix millions d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année dans le monde. Selon un récent rapport publié par l’organisation humanitaire indépendante Save the Children (Sauvez les enfants), environ deux millions d’entre eux meurent moins de 24 heures après leur naissance, un million de plus entre le deuxième et le septième jour, et en tout, quatre millions de bébés ne vivent pas plus d’un mois.
Pourtant, des techniques simples et peu coûteuses pourraient réduire de 70 % ce taux de mortalité.
« Les premières heures, jours ou semaines de la vie sont d’une importance cruciale. Et pourtant, dans les pays pauvres, seule une petite partie des nouveau-nés reçoit des soins médicaux appropriés pendant cette période où ils sont extrêmement vulnérables, déclare Charles MacCormack, président de Save the Children. Les mesures sanitaires les plus élémentaires, qui paraissent aller de soi dans les pays développés, telles que la vaccination des femmes contre le tétanos et l’assistance d’une personne compétente lors de l’accouchement, pourraient réduire de 70 % les décès de nouveau-nés à l’échelle mondiale, si ces dispositions peu coûteuses étaient prises dans tous les pays. »
Le rapport souligne que la plupart des décès de nouveau-nés sont imputables à des causes que l’on pourrait prévenir ou guérir, comme des maladies infectieuses, des complications lors de l’accouchement, ou un poids insuffisant à la naissance.
« La mortalité des nourrissons est l’un des problèmes sanitaires les plus négligés au monde, affirme C. MacCormack. Si, au cours des dix dernières années, la mortalité des enfants de moins de cinq ans a baissé de façon significative, celle des bébés de moins d’un mois est restée presque stationnaire. Dans de nombreux pays en voie de développement, le décès des nouveau-nés est même si banal que les parents attendent que leurs bébés aient au moins une semaine – si ce n’est un mois – pour leur donner un prénom. »
Conclusions
Selon les enquêtes dont les résultats figurent dans le rapport de Save the Children, les deux tiers des décès de nourrissons dans le monde se produisent dans dix pays seulement, avec plus d’un million de décès en Inde, et 416 000 en Chine. Cependant, en raison de l’importance de leur population, ni l’Inde, ni la Chine n’ont le taux de mortalité infantile le plus élevé.
C’est en Afrique sub-Saharienne que l’on trouve ce taux de mortalité infantile le plus élevé. Dans ces pays, une mère sur cinq a perdu au moins un enfant à la naissance, alors que seulement 1 % des décès de nouveau-nés dans le monde se produisent dans les pays industrialisés.
Ayant enquêté sur le bien-être des mères et des nouveau-nés dans 53 pays où les familles disposent de faibles revenus, Save the Children a classé le Vietnam et le Nicaragua en tête, et le Libéria et l’Afghanistan au bas de la liste. Au Libéria, le taux de mortalité est de plus de cinq fois plus élevé qu’au Vietnam.
Le rapport classe également la Colombie en tête d’une liste de 25 pays en voie de développement où les familles disposent de revenus moyens (un décès sur cent naissances), et place l’Irak en bas de la liste, avec six décès pour cent naissances.
Quant aux Etats-Unis, ils se retrouvent avant-derniers d’une liste de 33 pays industrialisés, devant la Lettonie, et à égalité avec la Hongrie, Malte, la Pologne et la Slovaquie. La mortalité des nouveau-nés aux Etats-Unis est presque trois fois plus importante qu’en Finlande, en Islande, en Norvège et au Japon.
Le rapport souligne également que, parmi les pays en voie de développement, le Vietnam, le Nicaragua, l’Erythrée, le Tadjikistan et les Philippines font des progrès significatifs dans ce domaine, en dépit de leurs ressources financières limitées.
Malgré son produit domestique brut de moins de 3 000 dollars par personne, le Vietnam assure à presque toutes les mères une assistance médicale efficace pendant la grossesse et lors de l’accouchement. Dans ce pays, plus de la moitié des femmes utilisent des moyens modernes de contraception.
Par contre, en Angola, où le produit domestique brut par tête est comparable à celui du Vietnam, la mortalité des nouveau-nés est plus que quatre fois plus élevée : cinq décès pour cent naissances. Seulement 5 % des femmes angolaises utilisent un moyen moderne de contraception, plus de la moitié de la population n’a aucun accès aux soins médicaux, et plus de la moitié des enfants naissent sans l’assistance d’une personne compétente.
Au-delà des chiffres, le rapport relate également des initiatives spectaculaires de certaines communautés pour réduire la mortalité infantile.
Ainsi, au Mali, les grands-mères, très respectées et influentes au sein des familles, se sont vu enseigner des gestes simples pour protéger la santé des mères et de leurs bébés. En conséquence, dans les régions où cette expérience a été tentée, le nombre de femmes nourrissant leur bébé seulement au sein les trois premiers jours après la naissance a augmenté de 27 %, et le nombre de nouveau-nés recevant des soins médicaux a augmenté de 17 %.
Recommandations
Le rapport Save the Children préconise certaines mesures afin de généraliser certains accès à l’ensemble des pays en voie de développement :
– investir davantage pour faciliter l’accès des jeunes filles et des jeunes femmes des pays pauvres à l’éducation, à la nourriture et aux moyens modernes de contraception ;
– mettre en œuvre une série de mesures peu coûteuses telles que les vaccinations contre le tétanos, fournir un assistant qualifié lors de l’accouchement, traiter rapidement les maladies infectieuses des nouveau-nés, et lancer des programmes d’éducation à l’hygiène, à l’habillement et à l’allaitement des bébés.
Enfin, le rapport demande aux gouvernements d’accroître leur soutien politique et financier à ces mesures qui sauvent de nombreuses vies.
C. MacCormack souligne que Save the Children, grâce aux dons de la Fondation Bill et Melinda Gates en 2000, a déjà fourni à plus de 20 millions de mères et d’enfants une aide médicale essentielle.
Depuis décembre 2005, une nouvelle allocation de la Fondation Bill et Melinda Gates permet à Save the Children de promouvoir, dans 18 pays, l’adoption à grande échelle de mesures peu coûteuses et d’une efficacité avérée destinées à lutter contre les trois principales causes de décès chez les nouveau-nés de moins d’une semaine : les maladies infectieuses, le manque d’oxygène de certains bébés pendant l’accouchement et à la naissance, et l’insuffisance de poids.
Sources : savethechildren.org.uk
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
