Les Etats-Unis restent sourds aux avertissements

Partage international no 213mai 2006

 « […]Les Etats-Unis se rendront compte que le monde ne restera pas sans réaction. Avec ou sans la coopération américaine, les nations feront de leur mieux pour affronter les nombreux problèmes écologiques et sociaux qui nous assaillent et qui demandent une solution urgente. L’Amérique restera isolée et ignorée, et ce n’est qu’alors qu’elle sera prête à « montrer » le chemin[…] » [Le Maître de B. Creme, PI décembre 2004]

Henry Hyde, membre du Congrès et président du House International Relations Committee, a déclaré, en février 2006, lors d’une allocution intitulée « Les périls de la Théorie d’Or », que l’Amérique a tellement confiance en sa propre rectitude qu’elle oublie d’écouter ce que disent ses alliés. S’exprimant devant le Comité des affaires internationales sur le Budget de l’année fiscale 2007, H. Hyde a déclaré : « C’est un truisme que de dire que le pouvoir engendre l’arrogance. Cependant un danger bien plus grand naît de l’illusion. Aussi bien pour les individus que pour les pays, le pouvoir déforme inévitablement la perception qu’on a du monde en les isolant dans un confortable cocon qui est imperméable à ce que les scientifiques qualifient de « preuve contradictoire.
Notre pouvoir, a une sérieuse tendance à mettre nos théories sur le monde à l’abri de toute erreur. Mais en devenant sourds à des signes avant-coureurs évidents, nous pouvons ignorer ce que peuvent coûter à long terme nos actions et à ignorer les revers qui devraient nous amener à réexaminer nos objectifs et nos moyens. »

H. Hyde a également fait allusion à d’autres pouvoirs qui pourraient bien vite assumer le rôle de superpuissance mondiale, en nous rappelant aussi comment le puissant Empire britannique s’est effondré. Il termina son discours en rappelant les conséquences des illusions propres au pouvoir :

« Permettre à notre immense pouvoir de nous donner l’illusion d’un monde passif attendant que nous le recréions sous la forme d’une image de notre choix, ne peut que nous rapprocher du jour où il ne nous restera plus guère de choix. »

Martin Jacques, un chercheur invité à l’Institut asiatique de recherche de l’Université nationale de Singapour, a fait référence au discours de H. Hyde dans un article paru dans le journal The Guardian du 28 mars en parlant également de la dangereuse « outrecuidance » des Etats-Unis. M. Jacques décrit l’échec de la politique américaine en Irak : « Il est clair que l’occupation de l’Irak par les Américains a pratiquement été un désastre à tous les points de vue, avant tout pour le peuple irakien, mais aussi pour la politique étrangère américaine. Les critiques à l’égard de la logique impérialiste qui y a conduit ont déjà commencé : le discours de Hyde en est un exemple… » 

Autre exemple de critique par les anciens alliés envers la logique impérialiste, écrit M. Jacques, est la surprenante volte face de Francis Fukuyama et sa critique de la Maison Blanche et de la pensée néo-conservatrice. Dans son récent livre After the Neocons, Francis Fukuyama (lui-même ancien néo-conservateur) offre une attaque sans merci contre la politique étrangère du régime Bush et l’idéologie qu’elle a engendrée. La guerre d’Irak a été le résultat de la position des Etats-Unis en tant que seule superpuissance dans un monde de post guerre froide et de « la mentalité triomphaliste qui imprégnait les néo-conservateurs et qui a fini par séduire les Etats-Unis. Mais, avertit M. Jacques, le triomphalisme est un sentiment dangereux qui convient mieux à l’intoxication qu’à une analyse rigoureuse. Et c’est bien ce qui s’est produit. L’Amérique doit encore récolter la tempête qu’elle a semée à cause de son exploit impérialiste trompeur. »

Etats-Unis
Sources : The Guardian, G.-B.
Thématiques : environnement, politique, Économie
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)