Partage international no 212 – avril 2006
Le chanteur Bono, co-fondateur de l’organisation Data (Dette, sida, commerce et Afrique) a prononcé le discours liminaire du 54e Petit-déjeuner national de prière qui s’est tenu le 2 février 2006, à Washington. S’adressant à plusieurs chefs d’Etat, dont le président Bush et le roi Abdullah, à des membres du Congrès et à de nombreuses personnalités, il a exhorté les dirigeants américains à réaliser leurs promesses d’aider les pauvres, et à augmenter l’aide américaine à l’étranger de 1 % du budget fédéral.
« Tandis que nous nous croyons seuls à créer les lois sur Terre, Dieu ne demeure pas silencieux à ce sujet. Ses critères sont plus élevés que les nôtres. Nous pouvons toujours faire écrire les lois par des experts qui veilleront à ce qu’elles nous soient favorables, qu’elles protègent notre agriculture, et ne permettent pas aux fermiers africains de protéger la leur pour gagner de quoi survivre. Mais, pour Dieu, ces lois sont inacceptables. La seule chose sur laquelle toutes les croyances et idéologies sont d’accord, c’est que Dieu est du côté des vulnérables et des pauvres…
Il ne s’agit pas de charité, mais de justice… Mais la justice est plus exigeante que la charité. L’Afrique se gausse de la haute conception que nous avons de la justice et de l’égalité, tourne en dérision notre piété, se moque de notre sollicitude et de nos engagements.
Chaque jour, 6 500 Africains meurent de maladies évitables et guérissables, faute de médicaments que les Occidentaux peuvent acheter dans n’importe quelle pharmacie. Il n’est pas question ici de charité, mais de justice et d’égalité. Car, si nous sommes honnêtes, nous ne pouvons laisser faire ce qui se passe en Afrique et prétendre en même temps reconnaître que les Africains sont nos égaux. Nulle part ailleurs nous n’accepterions ce qui se passe en Afrique. Regardez comment nous avons réagi lorsque le tsunami a dévasté l’Asie du Sud-Est, faisant 150 000 morts… En Afrique, 150 000 vies sont perdues tous les mois. Un tsunami par mois. Et cette catastrophe est parfaitement évitable…
Cet appel est relayé par un nombre croissant d’Américains, dont plus de deux millions, de droite et de gauche, refusent que la vie des gens puisse dépendre de l’endroit où ils vivent, et se sont regroupés dans le mouvement One.
Chanter les vertus de l’économie de marché tout en empêchant les plus pauvres de vendre leurs produits, c’est un crime qui devrait être porté devant les tribunaux. Tout comme rendre les enfants responsables des dettes de leurs grands-parents. Ou laisser mourir des malades qui pourraient être sauvés par des médicaments, parce que certains ne veulent pas céder la propriété industrielle de ces médicaments. »
Appelant les Etats-Unis à augmenter de 1 % son budget d’aide à l’étranger. Bono posa la question : « Qu’est-ce que 1 % ? Cela ne se voit même pas sur un bilan. Pourtant, c’est cette petite fille africaine qui va à l’école, grâce à vous. C’est aussi ce malade du sida qui reçoit ses médicaments, grâce à vous…
Les Etats-Unis donnent moins de 1 % de leur budget. Nous leur demandons 1 % supplémentaire pour changer le monde, pour transformer des millions de vies… Mais pas seulement – et maintenant je l’adresse aux militaires : ce 1 % transformera l’opinion qu’ils ont de nous ; il renforcera notre sécurité nationale, permettra aux Africains de se prendre économiquement en charge, créera un monde plus sûr et meilleur.
Ces objectifs – eau potable pour tous, scolarisation de tous les enfants, soins médicaux pour tous, fin de toute cette pauvreté extrême et absurde – ce sont les Objectifs du développement du millénaire, que notre pays soutient. Plus : cela pourrait orienter positivement la mondialisation. »
Date des faits : 2 février 2006
Sources : www.christianitytoday.com
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! »
Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)
